Les banques belges plutôt bien armées avant que frappe la Covid-19

Parmi les banques belges, Belfius affichait avant la crise de la Covid l'approche la plus prudente en matière de prêts à problème. ©BELGA

Alors que les banques s'attendent à une hausse des créances douteuses et donc de la constitution de provisions, il semble que les banques belges affichaient avant la crise une approche plutôt prudente.

On a vu ces derniers mois les banques constituer des provisions pour faire face à d'éventuelles créances douteuses, révélées par la Covid-19 et ses répercussions économiques. Certains affirmaient même que la Commission européenne envisageait la création d'une "bad bank" au niveau de la zone euroLes banques belges n'échappent pas à cette tourmente.

Pourtant, au vu des chiffres 2019 récemment publiés par l'autorité bancaire européenne (EBA), les risques liés à des prêts à problèmes sont réduits en Belgique.

1,81
%
Fin 2019, les banques belges affichaient 1,81% de créances douteuses sur l'ensemble de leur portefeuille crédits.

C'est BNP Paribas qui, fin 2019, arrivait en tête avec 1,56% de prêts à problèmes non couverts. Précisons toutefois que l'EBA évoque des chiffres au niveau du groupe. Les résultats de BNP pâtissent ainsi de la situation de la filiale italienne BNL.

Si on prend la totalité des prêts à problèmes (donc avec un retard de paiement de plus de 90 jours) qu'ils soient couverts ou non, BNP reste en tête avec 3,2%. KBC et Belfius complètent le top 3 avec respectivement 2,8 % et 1,5%. En bout de liste, on note Argenta avec 0,3%.

À l'échelle européenne, la Belgique (1,81%) est un bon élève: sachant que la Grèce affiche un piètre 35,5% de prêts douteux sur son portefeuille total, contre un 0,78% pour le Luxembourg.  

Un départ solide...

En termes de couverture de ces prêts non performants (NPL), Belfius adopte la position la plus prudente avec un taux de couverture de près de 63%, là où BNP se situe à quelque 51% ou 45% pour KBC. 

"Une bonne situation de départ est utile car la crise risque de provoquer une forte augmentation des défauts des débiteurs sur les prêts."
Eric Dor
Directeur des études économiques à l’IESEG School of Management

"Une bonne situation de départ est utile, car la crise risque de provoquer une forte augmentation des défauts des débiteurs sur les prêts. Le taux de prêts à problèmes va augmenter", explique Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management.

En effet, avec l'arrivée de la Covid et ses répercussions, KBC a annoncé lors de la publication de ses résultats trimestriels tabler sur la constitution d'une provision de 1,1 milliard d'euros. Dans le chef du groupe BNP Paribas, on évoque plus de 500 millions et 733 millions pour le groupe ING .

...mais le risque est présent

Pour l'agence de notation Moody's, l'environnement dans lequel opèrent les banques belges pourrait en effet encore se détériorer. Et si elles bénéficient d'une base de capital solide et d'un bon accès au financement, ces perturbations risquent d'affecter leur rentabilité, mais surtout de voir grimper en flèche les crédits à problèmes et donc les provisions.

Certes, ces établissements ont été soutenus par les mesures mises en place par le gouvernement et qui devraient atténuer les risques. Fin mars, l'agence a toutefois revu sa perspective à "négative" pour BNP Paribas Fortis, KBC, ING Belgique, Belfius et AXA Bank (désormais dans le giron de Crelan).

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