Les banques belges, robustes mais pas très rentables

En Belgique, le taux moyen de couverture par ces provisions est de 40,7%, soit un taux en dessous de la moyenne européenne. ©REUTERS

Les établissements du royaume sont solides en termes de fonds propres, avec de bons indices de capitalisation, mais leur rendement laisse à désirer, indique une étude.

Les banques belges sont en moyenne mieux capitalisées que les établissements des grands pays européens, ressort-il d’une étude menée par l’Ieseg School of Management de Lille. Selon ces données issues de l’European Banking Authority, elles atteignent un quotient de capital CET1 fully loaded de 18,13%, soit la cinquième moyenne européenne derrière l’Islande, le Luxembourg, Malte et la Slovénie.

En Belgique, la capitalisation moyenne est tirée vers le haut par Dexia, renflouée à grands frais par les États belge et français.

Le capital Common Equity Tier 1 (CET1) représente le capital de base. Il se compose des actions ordinaires, des bénéfices mis en réserve par la banque, des fonds pour risque bancaire et d’autres éléments encore. "Le principe est que ces instruments de fonds propres de catégorie 1 puissent être utilisés tout de suite et sans restriction par la banque pour couvrir des pertes", explique Eric Dor, directeur des études économiques à l’Ieseg et auteur de l’étude.

Ce taux moyen cache cependant une hétérogénéité assez importante entre les différentes enseignes. En Belgique, le quotient est notamment tiré vers le haut par Dexia, qui avait été recapitalisée à grands frais par les États belge et français et est maintenant en liquidation. Son quotient s’établit à 24,21%.

Un autre aspect sur lequel les banques belges se distinguent est celui de la qualité des prêts. Seulement 1,96% des crédits sont qualifiés "d’improductifs NPL". Ce sont des prêts "sur lesquels les débiteurs sont en retard de paiement supérieur à 90 jours ou dont la récupération du principal est peu plausible".

Les prêts improductifs sont partiellement couverts par des provisions pour dépréciation dans tous les pays d’Europe. En Belgique, le taux moyen de couverture par ces provisions est de 40,7%, soit un taux en dessous de la moyenne européenne. "C’est assez moyen, mais il est logique que les systèmes bancaires avec peu de prêts à problèmes aient moins besoin de les couvrir par des provisions pour dépréciation que les systèmes bancaires où il y en a beaucoup", commente Eric Dor.

La rentabilité des banques belges constitue le bémol de l’étude. Le taux de rendement moyen des fonds propres des banques belges (6,56%) est inférieur à celui observé dans la plupart des autres pays européens. Une performance qui est plombée par le bilan de Dexia. Les établissements les plus rentables se trouvent en République tchèque et en Hongrie, avec des taux de respectivement 17,02% et de 16,99%.

En zone euro, les banques de détail sont notamment affectées par la chute des revenus nets d’intérêt, en raison des taux directeurs négatifs appliqués par la BCE.

KBC se distingue par un bon taux de rentabilité (11,83%) qui la place dans le top 15 des enseignes les plus profitables du continent. Le bancassureur possède justement des filiales en République tchèque et en Hongrie.

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