Les banques doivent rembourser les victimes de phishing

Les banques tentent souvent de contourner la législation de 2018, consacrée au phishing ©Shutterstock

En cas d'hameçonnage, les banques tentent souvent d'imputer la négligence aux clients. KBC a toutefois été condamnée à rembourser des clients victimes de phishing.

KBC a été condamnée à rembourser 32.000 euros à des clients victimes de fraude en ligne. Voilà qui crée un précédent juridique pour les pertes d'argent en cas de fraudes dites d’hameçonnage.

Une législation de 2018 y a été consacrée. Les banques tentent toutefois souvent de la contourner, rapporte, ce lundi, Het Laatste Nieuws. Le quotidien a mené des recherches sur base des chiffres du service de médiation bancaire.

"Dans bien des dossiers au cœur desquels les clients exigent des compensations financières et obtiennent raison, la banque ne suit pas notre avis."
Ombudsfin
Service de médiation des services financiers

Lorsqu'elles sont confrontées à des cas de phishing, les banques essayent, en effet, d'imputer la négligence aux clients. S'il peut être démontré que le client aurait pu se rendre compte de la fraude, alors la banque n'a pas à rembourser les montants perdus. Dans deux affaires judiciaires, KBC l'a bien tenté, mais les juges n'étaient pas d'accord. La banque a interjeté appel. 

250 clients concernés

L'an dernier, l'ombudsman en conflits financiers, Ombudsfin, a remarqué que les banques étaient souvent en désaccord avec le verdict final... s'il était en leur défaveur. "Dans bien des dossiers au cœur desquels les clients exigent des compensations financières et obtiennent raison, la banque ne suit pas notre avis", explique le service de médiation. "C'est frappant et nous n'avons jamais connu cela auparavant". 

Près de 70% de toutes les plaintes le sont pour hameçonnage. Pas moins de 250 clients sont concernés.

KBC réfute

Het Laatste Nieuws a contacté les deux banques au sujet desquelles le plus de dossiers ont été ouverts (Argenta et KBC), mais KBC est la seule à avoir répondu. La banque réfute le fait qu'elle accuse systématiquement les victimes de phishing de négligence.

De son côté, la Fédération belge du secteur financier (Febelfin) tient à souligner que les banques ne sont qu'un élément de la chaîne.

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