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Les banques entre deux feux

Quelles sources pour financer l'économie?

Entre le marteau et l’enclume. C’est le lieu où se trouvent les banques. Lors de la présentation de ses résultats trimestriels, KBC a annoncé qu’il pourrait en avoir pour plus d’un milliard d’euros de crédits défaillants. Sanction immédiate des marchés: l’action a perdu 8% en bourse. Les actionnaires en sont pour leurs frais. Mais au-delà du réflexe frénétique des marchés, l’annonce du bancassureur flamand met le doigt sur une plaie qui ne fera que grandir: les risques de défauts de paiement en pagaille. Et, en filigrane, la délicate question du soutien de l’économie, à l’heure où les liquidités des entreprises fondent comme neige au soleil.

L’option bancaire montre ici ses limites. Le gouvernement doit trouver d’autres sources pour financer l’économie.

Mettons sur la table les composantes de cette équation douloureuse. D’un côté, des entreprises aux abois et des gouvernements qui poussent les banques dans le dos pour qu’elles empêchent les rouages économiques de se gripper: prêts en partie garantis par l’Etat, reports de certains crédits aux entreprises et aux particuliers en difficultés… les banques doivent faire feu de tout bois. D’un autre côté, l’Etat continue à quémander sa taxe bancaire, les régulateurs exigent des matelas de sécurité, le tout dans un contexte de taux bas qui rogne les marges bancaires, et aujourd’hui des crédits qui, pour certains d’entre eux, sont autant de saignées à cautériser.

Ne nous méprenons pas: les résultats de KBC sont meilleurs qu’attendu par les analystes. Et ce tableau noir dépeint par le bancassureur est un bel argument pour son patron Johan Thijs qui n’a jamais caché son hostilité vis-à-vis de la taxe bancaire. Mais le signal est suffisamment fort pour nous placer devant une évidence: l’option bancaire montre ici ses limites. Le gouvernement doit trouver d’autres sources pour financer l’économie: appel à l’épargne, lignes de crédits d’organismes financiers, mobilisation d’investisseurs privés, etc. Dans le sillage de la crise sanitaire, la crise économique ne fait que commencer. Elle n’a pas encore déployé toute son ampleur. Après les masques et les écouvillons, ce sont les outils économiques qu’il faut trouver de toute urgence.

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