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Les Big Tech poussent les banques à se rapprocher

L'app Payconiq est la preuve que les banques peuvent collaborer sur certains problèmes communs. ©doc

Les banques collaborent quand cela s'avère nécessaire, notamment pour tenir tête aux Big Tech. La Belgique est même au top des écosystèmes interbancaires en Europe.

Les quatre grandes banques du pays collaborent actuellement sur le réseau de distributeurs automatiques de billets Batopin, mais ce n'est pas leur seul projet commun. La Belgique compte ainsi pas moins de quatorze initiatives au sein desquelles plusieurs enseignes travaillent main dans la main, de Bancontact à Zoomit en passant par Isabel.

"La Belgique se trouve dans le top européen des écosystèmes interbancaires", ressort-il d'une étude menée par Deloitte. Seules l'Italie et la Pologne comptent davantage de partenariats de ce type.

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projets interbancaires
On dénombre quatorze collaborations interbancaires en Belgique.

Boom des collaborations

Voir les banques autant travailler ensemble est tout sauf naturel, commente Kasper Peters, spécialiste des services financiers chez Deloitte. "Ce sont des concurrents craintifs. Avant qu'ils ne se décident à travailler ensemble, il faut que la mise en jeu soit énorme." Pourtant, le nombre de collaborations interbancaires en Europe a quasiment doublé au cours de la dernière décennie pour dépasser les 200.

Le combat contre les Big Tech fait partie des forces motrices de ce type d'effort collectif. "Apple a une position dominante grâce à sa plateforme de paiement et a directement trouvé des centaines de millions d'utilisateurs dans le monde. Les commerçants sont dès lors obligés de proposer ce service. Les banques n'ont pas de position dominante et cela ne fonctionnerait pas si chacune tentait de promouvoir son propre système. C'est pourquoi elles sont contraintes de collaborer en offrant une réponse commune comme Payconiq."

La focalisation sur le marché domestique constitue cependant une faiblesse, alors que les Gafam et les fintechs se tournent vers l'international.

Focalisation sur le marché domestique

Ces solutions sont surtout nationales, ce qui constitue un point faible dans la guerre menée face aux ogres technologiques. "À quelques exceptions près, comme Euroclear, l'échelle est un problème en Europe. Nous avons cependant peut-être quelques candidats à la croissance en Belgique, notamment Itsme."

La focalisation sur le marché domestique constitue cependant une faiblesse, alors que les Gafam et les fintechs se tournent vers l'international. "De nombreux établissements de crédit européens sont encore très ancrés localement et ont peu de liens avec des succursales étrangères. Si l'internationalisation frappe là, ces écosystèmes deviendront plus internationaux également", estime Karel Baert, CEO de Febelfin.

Les banques scrutent hors du secteur financier et essaient aussi de nouer des accords avec les autorités.

European Payments Initiative

Dans le domaine des paiements, le retard européen au niveau mondial est criant. Une vingtaine de banques tentent actuellement de lancer la European Payments Initiative pour combler ce fossé. La Banque centrale européenne soutient ce projet qui doit concurrencer les américains Visa et Mastercard.

En outre, les banques scrutent hors du secteur financier et essaient aussi de nouer des accords avec les autorités. "Nous voulons mettre en place une plateforme pour la lutte contre le blanchiment d'argent avec la Banque nationale et la cellule de traitement des informations financières. Chacun travaille dans son domaine, mais il faut aussi pouvoir travailler main dans la main, dans le respect des règles de confidentialité", conclut Karel Baert.

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