analyse

Les prévisions de KBC glacent le marché

KBC a revu à la baisse ses prévisions de revenus nets d'intérêts pour 2020. ©Hollandse Hoogte / Peter Hilz

Meilleurs qu'attendu, les résultats trimestriels de KBC ont été totalement éclipsés par les prévisions des revenus d'intérêts et des réductions de valeur pour l'ensemble de l'année. Le titre perdait 8% en matinée.

En bourse, ce n’est pas le tourisme, comme on pourrait le croire, qui paie le plus lourd tribut à la crise actuelle au niveau européen. Il est deuxième. Devant lui, les banques ont vu leur valeur fondre de 42% depuis le pic du 19 février.

Avec une chute de 8% dans les premiers échanges, c’était au tour de KBC de subir, ce jeudi matin, la méfiance des investisseurs sur les perspectives qui s’annoncent sombres pour les établissements de crédit.

Ceux-ci doivent affronter deux écueils: l’effondrement des marchés boursiers et des réductions de valeur liées notamment à des créances douteuses. Pour le premier, le groupe de bancassurance a encaissé une perte de 385 millions d'euros, contre un bénéfice de 99 millions un an plus tôt et, pour le second, la facture a été doublée pour atteindre 141 millions d’euros.

Prévisions

Au final, KBC a vu son résultat net se teinter de rouge avec une perte de 5 millions d’euros, un chiffre toutefois moins mauvais que les estimations des analystes qui anticipaient un trou de 24 millions. Les revenus nets d’intérêts, qui sont tirés de l’activité de base d’une banque, sont également meilleurs qu’anticipé.

1,1 milliard
d'euros
Pour 2020, KBC anticipe des réductions de valeur pour un montant global de 1,1 milliard d'euros.

Mais, pour l’ensemble de l’année, KBC les a revus à la baisse à 4,3 milliards d’euros, contre 4,65 milliards auparavant, tandis qu’il table sur des réductions de valeur pour un total de 1,1 milliard d’euros sur l’année, soit un niveau plus élevé qu’escompté par le marché.   

Les nouvelles prévisions de KBC vont engendrer une baisse des estimations car les réductions de valeur anticipées sont supérieures aux attentes tandis que les revenus d’intérêts seront plus faibles qu’espéré, juge Bart Jooris de Degroof Petercam ("conserver"; 46 euros). "La crise du Covid-19 aura un impact plus important qu’attendu sur les résultats de KBC en 2020", résume-t-il.

Titre cher

Hier, le titre a baissé de 4,5%, et de 17% depuis la récente hausse en avril, constate Albert Ploegh d’ING ("acheter"; 67 euros). Il rappelle que KBC est connu pour sa guidance conservatrice et que l’action affiche une large prime par rapport à ses concurrents. Ce qui peut expliquer, en partie, l’ampleur de la chute constatée ce jeudi.

"La crise du Covid-19 aura un impact plus important qu’attendu sur les résultats de KBC en 2020."
Bart Jooris
Anlayste chez Degroof Petercam

De son côté, Kepler Cheuvreux ("conserver"; 42,5 euros) estime que, globalement, les résultats du premier trimestre ne sont pas relevants et que tout se concentre désormais sur les prévisions des revenus d’intérêts revues à la baisse. Le broker, qui pense aussi que l’action est chère, juge, en outre, que la baisse de 3,5% des coûts d’une année sur l’autre avancée par la direction est ambitieuse.

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