Les syndicats de KBC entre résignation et appréhension

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La direction de KBC a confirmé les craintes survenues mardi lors de l'annonce de la tenue d'un conseil d'entreprise extraordinaire. Si la casse sociale semble limitée pour l'instant, les syndicats restent vigilants quant à tous les aspects qui restent à déterminer dans les prochains mois.

Le couperet est tombé chez KBC . Johan Thijs, le CEO du bancassureur, a annoncé mercredi matin au cours d'un conseil d'entreprise extraordinaire que son entreprise allait supprimer 1.400 emplois d'ici fin 2022. La saignée doit s'opérer sans licenciement sec, a-t-il promis.

"C'est beaucoup 10%, même si c'est réparti sur trois ans et demi. Nous sommes inquiets quant à la charge de travail pour ceux qui restent."
Dirk De Backere
ACV Puls

Chez les syndicats, le ton était à la prudence à la sortie de la réunion. Les représentants du personnel constatent que ce plan n'a pas l'ampleur de ceux en oeuvre chez ING ou BNP Paribas Fortis, mais il n'est pas question pour autant de parler de satisfaction.

"D'un côté, il n'est pas question de licenciements secs, et c'est positif", explique Dirk De Backere, responsable national ACV Puls (CNE) au sein de KBC. "D'un autre côté, on parle quand même d'environ 10% du personnel. C'est beaucoup 10%, même si c'est réparti sur trois ans et demi. Nous sommes inquiets quant à la charge de travail pour ceux qui restent.

Nous sommes bien sûr contents qu'il n'y ait pas de licenciements secs. Pas mal d'histoires circulaient ces dernières semaines.
Jan Steenwinckel
Représentant pour l'aile flamande du SETCa (BBVK)

"On craignait un scénario ING (suppression de 3.500 postes, ndlr). Ce n'est pas le cas, mais nous ne sommes pas soulagés pour autant. Ce plan aura évidemment des conséquences sur plusieurs personnes, mais nous ignorons encore dans quels départements", embraie Maarten Dedeyne, responsable national du secteur bancaire pour la CGSLB. 

"Nous sommes bien sûr contents qu'il n'y ait pas de licenciements secs. Pas mal d'histoires circulaient ces dernières semaines", relate Jan Steenwinckel, représentant pour l'aile flamande du SETCa (BBVK).

Flexibilité accrue

Malgré la communication de ce matin, de nombreuses zones d'ombre subsistent, la direction affirmant être actuellement dans l'incapacité de détailler quels départements seront touchés par le plan. "Je crains que ce soient les jobs les moins qualifiés qui passeront à la trappe", indique Jan Steenwinckel.

"On veut éviter le scénario où les employés peuvent être amenés à travailler 24h sur 24 et 7 jours sur 7 avec le coût le plus bas pour la banque, parce que c'est ce qu'elle cherche."
Maarten Dedeyne
CGSLB

Johan Thijs a expliqué que l'entreprise prévoit d'accompagner les travailleurs concernés pour trouver une solution en interne, ce à quoi les syndicats répondent par un moue sceptique. "Le job center de KBC aura un grand rôle à jouer. Il doit aider les gens à se réorienter au sein de l'entreprise, mais on constate déjà maintenant qu'il est déjà bien rempli", s'inquiète Maarten Dedeyne. 

En 2022, KBC devra donc tourner avec quelque 10% de ses effectifs en moins. Un élagage qui aura des conséquences sur la charge de travail. Mercredi prochain, les syndicats doivent rencontrer la direction pour discuter de la garantie d'emploi au sein du bancassureur. Les organisations syndicales craignent que la pression sur les travailleurs restants sera maximale, avec une demande accrue de flexibilité.

"On veut éviter le scénario où les employés peuvent être amenés à travailler 24h sur 24 et 7 jours sur 7 avec le coût le plus bas pour la banque, parce que c'est ce qu'elle cherche", explique Maarten Dedeyne. "J'espère qu'il n'y a pas de lien entre l'annonce d'aujourd'hui et les discussions prévues la semaine prochaine."

Le PTB et Ecolo veulent réunir la commission des Affaires sociales

Le PTB et Ecolo souhaitent que la commission des Affaires sociales de la Chambre puisse se réunir dans les meilleurs délais pour entendre les syndicats et des représentants du groupe de bancassurance. Les deux partis rappellent l'un et l'autre que le bancassureur KBC a été sauvé de la faillite en 2008 avec le soutien de l'Etat.

"KBC a été sauvée en 2008 avec notre argent. Aujourd'hui, elle réalise un bénéfice record de 12 milliards d'euros sur les 5 dernières années. Et comment remercie-t-elle le personnel et les contribuables belges? En supprimant 1 400 emplois. Voilà pour la responsabilité sociale des grandes banques. C'est purement une logique de profit, la logique honteuse du capitalisme", a dénoncé le député Raoul Hedebouw (PTB) dans un communiqué.

"Dix ans après avoir bénéficié du soutien financier de l'État belge pour éviter la faillite, au plus fort de la crise bancaire et financière, KBC adresse un camouflet à l'ensemble de l'économie belge", a pour sa part déploré le chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, Georges Gilkinet. "En 2009, nous demandions que l'aide accordée aux banques soit conditionnée à des engagements sociétaux et éthiques forts des banques, qu'il s'agisse de la protection de l'emploi, du maintien du service aux entreprises et aux particuliers ou des choix de gestion. La cas KBC montre une nouvelle fois combien ces conditions auraient été utiles".

La présidente de la commission des Affaires sociales, Marie-Colline Leroy (Ecolo-Groen), proposera l'organisation d'auditions le plus rapidement possible.

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