Les taux bas pèsent aussi sur les assureurs

Hans De Cuyper ©Photo News

Les encaissements ont atteint 28,29 milliards d’euros, soit une progression de 4,4%.

Les chiffres peuvent être trompeurs. C’est en tout cas l’avis de Hans De Cuyper, président d’Assuralia. Si l’on s’en tient aux tableaux qu’il présente, les compagnies d’assurances ont renoué avec la croissance en 2018, après une année 2017 à l’encéphalogramme plat. Les encaissements ont atteint 28,29 milliards d’euros, soit une progression de 4,4%. Dans le segment non-vie, les assureurs ont perçu 12,41 milliards, tandis que pour les assurances vie, les primes se sont élevées à 15,88 milliards.

Les encaissements ont beau atteindre un niveau inédit depuis 2012, les assureurs font un peu la moue. "2018 a été une bonne année, avec un équilibre entre la croissance des encaissements et des résultats sains", a-t-il expliqué. "Pourtant, les conditions n’ont pas été évidentes pour les assureurs l’année passée, avec les taux bas et la volatilité sur les marchés."

28,29 milliards €
C’est la somme totale des encaissements réalisés l’an passé par les compagnies d’assurances belges.

Les taux d’intérêt historiquement bas ont un double impact sur le secteur, selon Assuralia. Primo, il prive les compagnies de la possibilité de compenser de mauvais résultats techniques avec les produits des placements. L’Union professionnelle des entreprises d’assurances se félicite d’avoir pu améliorer sa solvabilité (taux SCR de 203%) dans ce contexte.

Secundo, la faiblesse des taux directeurs se répercute sur les taux d’intérêt que les assureurs vie peuvent proposer à leurs nouveaux épargnants. Ils sont ainsi qualifiés de "peu affriolants", par Wauthier Robyns, le porte-parole d’Assuralia.

Parmi les chiffres remarquables, on note que la prime moyenne pour les voitures particulières a baissé de 3.513 euros à 3.390 euros l’année passée. Une diminution expliquée par une fréquence des accidents moins élevée, ainsi que par la concurrence sur ce segment. Les assureurs y anticipent d’ailleurs une contraction du chiffre d’affaires dans les prochaines années. L’avènement des voitures autonomes, les progrès technologiques de l’industrie automobile et l’enjeu que constitue la sécurité routière devraient contribuer à réduire le nombre d’accidents, et donc le risque au volant.

Dans le domaine des assurances vie, la branche 21 constitue toujours le maître-achat, malgré la faiblesse des taux proposés. Les assurances-vie individuelles à taux garanti offrent cependant un meilleur rendement que l’épargne et demeurent la manière la plus sûre de financer une pension complémentaire. Alors que de gros contrats arrivent à échéance, les réserves réalisées dans cette branche sont néanmoins en train de se dégonfler, se posant doucement au niveau des 100 milliards d’euros, alors qu’elles se situaient encore à 115 milliards en 2012.

Sur le plan des tempêtes et des inondations, l’année 2018 n’aura pas été cataclysmique, avec 109.157 sinistres pour un coût total de 271 millions d’euros. Des chiffres déjà allègrement dépassés sur les cinq premiers mois de l’année 2019, lors desquels 120.941 sinistres de ce type ont été rapportés pour un montant total de 255 millions d’euros.

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