Mariani critique l'examen des aides aux banques par l'UE

L'administrateur délégué de la banque franco-belge Dexia, Pierre Mariani, a jugé "un peu paradoxal" le traitement par la Commission européenne des aides publiques octroyées dans le secteur bancaire suite à la crise financière.

La Commission, gardienne de la concurrence en Europe, doit valider ces aides et réclame souvent en compensation des restructurations ou des mesures comportementales comme l'interdiction des dividendes ou des acquisitions pour une certaine durée. Ca a notamment été le cas de Dexia.

"Si je prends notre cas particulier, je m'aperçois qu'un certain nombre de dispositions censées compenser des distorsions de concurrence introduites par les aides d'Etat sont quand même un peu paradoxales", a estimé Pierre Mariani lors d'une conférence de presse en marge d'une présentation stratégique.

"Le premier exemple est celui du financement des collectivités publiques. On nous a demandé de céder des activités", a-t-il rappelé. Mais dans baucoup de pays européens "nos compétiteurs sont des acteurs publics, propriété des Etats ou des collectivités locales, et bénéficiant de garanties publiques".

Il a par ailleurs évoqué le traitement par la Commission de "plans nationaux qui ont concerné l'ensemble des banques d'un pays, par exemple la France mais c'est aussi vrai d'un certain nombre d'autres pays, et qui ont été validés sans exiger une quelconque contrepartie comportementale".

"C'est aussi un peu curieux car un certain nombre des banques qui ont bénéficié de ces plans d'aide nationaux sont actives internationalement et quelquefois procèdent à des acquisitions dans des pays voisins", a-t-il noté.

Il a notamment relevé qu'en Belgique, "les banques n'ont pas fait l'objet d'un plan global mais d'aides individuelles".

Cela donne un "résultat paradoxal qui est de créer une situation sur le marché belge où il y a des acteurs qui ont été aidés et qui ont des contraintes comportementales très fortes, et un autre acteur qui a fait l'objet d'un plan validé dans un autre pays et qui n'a aucune règle de comportement particulière du fait de cette aide", a-t-il dit.

Il faisait ainsi allusion au français BNP Paribas, qui a pris le contrôle de la première banque de Belgique, Fortis.

 

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