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Meilleur bulletin pour les banques belges, mais...

©Photo News

"Une banque saine est nécessaire à une économie saine", affirme le président de Febelfin. Si la rentabilité semble s’être améliorée en 2014, la durabilité de la situation ne semble pas acquise.

"La rentabilité des banques est sous pression", une phrase maintes et maintes fois entendue dans le cénacle bancaire et même de la bouche de Luc Coene, alors gouverneur de la Banque nationale.

Certes, il est loin le temps où nos institutions financières arboraient une rentabilité à deux chiffres, mais force est de constater que 2014 était plutôt une année faste.

Selon les chiffres provisoires énoncés par Febelfin, les rendements sur fonds propres ont atteint l’an dernier 8%. Rik Vandenberghe, président de Febelfin et CEO d’ING Belgique, souligne toutefois que ce chiffre ressort davantage de l’exceptionnel que du durable.

"Nous faisons face à des éléments qui ont des effets à plus long terme, comme l’impact des taux bas, qui se marquera davantage en 2016-2017", indique-t-il. À côté de cela, les banques ont enregistré cette année un élément dopant via les pénalités de 3 mois imposées lors du refinancement de crédits.

Sur les douze mois de l’année, quelque 23 milliards d’euros de crédits hypothécaires ont été refinancés, soit plus de 13% du portefeuille global. "De quoi encore peser sur la rentabilité future des banques. Le rendement sur fonds propres s’affiche dans la durée davantage à 5%, là où le FMI prône une rentabilité durable à plus de 10%", poursuit Rik Vandenberghe.

Objectif rentabilité

Dès lors, dans un contexte macro-économique encore morose, dominé par la faiblesse des taux, et alors qu’elles sont confrontées à une réglementation de plus en plus pesante, les banques ont-elles d’autres moyens de s’en sortir que d’augmenter la facture du client?

Le président des banquiers l’affirme: revoir à la hausse la tarification est un des leviers potentiels. Mais il insiste, ce n’est pas le seul! "Nous devons être plus efficaces, c’est primordial comme pour chaque secteur. Être plus efficace, c’est aussi se simplifier la vie", explique-t-il.

Quant aux tarifs, il rappelle que la concurrence fait rage entre banques sur le marché belge. "C’est une bonne nouvelle pour le client et rappelons que le service en Belgique est meilleur marché qu’ailleurs en Europe. Après, c’est à chaque banque de faire son exercice".

De son côté, Michel Vermaerke, administrateur délégué de Febelfin rappelle la dépendance du secteur à la conjoncture. Rik Vandenberghe voit ainsi d’un bon œil le plan de la BCE (Quantitative easing-QE). "J’espère que l’impact de ce programme sera que le consommateur consomme plus, car une croissance de la consommation augmentera la confiance des entrepreneurs".

Pas de credit crunch

Souvent critiqués pour leur politique d’octroi de crédits trop stricte aux PME, les banquiers se défendent. "L’octroi du crédit aux entreprises belges reste supérieur à la moyenne de la zone euro", martèle Rik Vandenberghe citant une étude de la BCE qui parle pour la Belgique d’un accès simple assorti d’un taux de refus faible par rapport à la zone euro.

Tous segments confondus, l’octroi de crédits en Belgique a crû depuis 2007 de 88 milliards d’euros, soit 25% du PIB. "Contrairement à d’autres pays, nous n’avons pas connu de credit crunch", dit le président.

Selon Febelfin, l’octroi de crédit a progressé entre 2007 et novembre 2014 de 23,5% à l’égard des pouvoirs publics, de 19,67% à l’égard des entreprises et de 37,9% à l’égard des particuliers. Pour les ménages, ce sont surtout les crédits hypothécaires qui ont la cote avec pour 2014, un record de production.

Emplois

Sans surprise, Febelfin a aussi annoncé de belles réductions d'emplois dans le secteur. Sur 10 ans, celui-ci s'est réduit de 15.000 emplois. Certes, il est de notoriété publique que les banques sont toutes occupées avec des plans de réductions de coûts qui passent par des mesures pour dynamiser les départs volontaires et autres prépensions. Et la digitalisation croissante des services bancaires ne devrait pas améliorer la tendance, reconnaît Rik Vandenberghe, même s'il l'affirme: "nous aurons toujours besoins de gens dans les nouveaux modèles bancaires, notamment pour le conseil au client". 

 

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