MicroStart ponctue son plan de relance pour les micro-entreprises

Depuis le début de la pandémie, la demande de microcrédits est en hausse de 30% par rapport à l'année dernière. ©Microstart

MicroStart entame la dernière phase de son programme de soutien aux petites entreprises. L'institution de microfinancement propose pour plus de 2 millions d'euros de prêts d'honneur.

Après deux premières phases de soutien, MicroStart finalise son plan de relance. En avril dernier, face à la gravité de la crise sanitaire, l’institution de microfinancement avait décidé de se lancer dans un programme de soutien aux petites entreprises en trois étapes: urgence, relance et croissance. Cette dernière phase a été officiellement lancée la semaine dernière et prévoit d’injecter un peu plus de deux millions d’euros sous forme de "prêts d’honneur". Pouvant aller jusque 5.000 euros, ces prêts sont caractérisés par un taux d’intérêt nul et un étalement de remboursement d’une durée longue de 24 mois. "Concrètement donc, nous ne gagnons rien sur ces prêts", explique Emmanuel Legras, le CEO de MicroStart. "Pour les financer, nous avons dû faire un effort. Nous avons aussi pu compter sur le soutien de nos partenaires comme BNP Paribas Fortis, Funds for Good et la Région bruxelloise", explique le patron. "L’objectif est évidemment de soutenir l’économie, mais nous estimons que l’impact sera aussi positif pour nous. Ce soutien permettra à certains de nos clients d’éviter la faillite et donc limiter les non-remboursements de crédits précédemment octroyés", assure le CEO.

1.200 emplois touchés

Sur base de son évaluation de la situation, MicroStart souhaite atteindre les 800 prêts d’honneur octroyés d’ici le début de l’été. "Ce qui aura un impact direct sur 1.200 emplois", assure Emmanuel Legras. Débutées au début de la pandémie, les premières phases de soutien ont déjà permis d’accorder 250 prêts d’honneur, pour un total de 1,17 million d’euros.  Si l’institution peut compter sur le soutien de ses partenaires, l’enveloppe n’est pas encore totalement bouclée. "Nous avons déjà obtenu 60% des besoins anticipés. Nous cherchons donc encore des partenaires", explique le patron.

"Depuis cinq mois, la demande est très importante. Par rapport à l’année dernière, nous enregistrons 30% de demandes supplémentaires de microcrédit."
Emmanuel Legras
CEO de MicroStart

En parallèle de ces prêts à 0%, l’institution espère bien continuer à signer aussi des microcrédits classiques, dont le succès est grandissant en cette période. "De ce côté, nous tablons sur l’octroi de crédits pour un montant total de plus de six millions d’euros d’ici juin 2021. Depuis cinq mois, la demande est très importante. Par rapport à l’année dernière, nous enregistrons 30% de demandes supplémentaires, dont 40% viennent de nouveaux clients. Cela montre que, malgré la situation, l’envie d’entreprendre est toujours bien présente", explique le CEO.

Système méconnu

Bien que les chiffres semblent encourageants, le microfinancement est aujourd’hui encore un système loin d’être très connu du grand public. "La Belgique est aujourd’hui l’un des rares pays européens à ne disposer d’aucune législation sur le microcrédit. Cela nous donne certes une plus grande marge de manœuvre, mais ne nous donne accès à aucune aide ou garantie", explique le patron. Sans véritable reconnaissance réglementaire, on constate un manque de notoriété de ce type de financement dans les chiffres. En Belgique, environ un millier de microcrédits sont accordés par an, contre plus de 35.000 en France. Autant dire que le marche belge n'a pas montré tout son potentiel en la matière. "Selon le réseau européen de microfinance, le nombre de microcrédits en Belgique pourrait se situer entre 30.000 et 50.000 par an", assure Emmanuel Legras.

"La Belgique est aujourd’hui l’un des rares pays européens à ne disposer d’aucune législation sur le microcrédit."
Emmanuel Legras

Lancé en 2011, MicroStart est aujourd’hui le principal acteur de la microfinance chez nous. Installée dans cinq villes en Belgique, l’institution a accordé depuis sa création 5.300 crédits pour un montant total dépassant les 40 millions d’euros.

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