Modrikamen se constitue partie civile dans le dossier Fortis

L'avocat Mischaël Modrikamen, qui représente 150 actionnaires de Fortis, vient de se constituer partie civile dans le volet pénal du dossier.

L'avocat Mischaël Modrikamen, qui représente 150 actionnaires de Fortis, s'est constitué partie civile dans le volet pénal du dossier. Il devrait demander le renvoi en correctionnelle des anciens dirigeants de Fortis et d'Ageas.

Il faut être honnête, on ne l'avait pas vu arriver. L'avocat Mischaël Modrikamen vient de se constituer partie civile dans le volet pénal du dossier Fortis, au nom de 150 actionnaires ayant refusé l'accord à l'amiable négocié aux Pays-Bas. Il va se donner le temps d'étudier le dossier (on parle de près de 30.000 pages) avant de faire connaître sa position. 

"Le dernier obstacle"

"Je suis le dernier obstacle, il n'y a plus personne dans ce dossier. J'avais une trentaine d'avocats face à moi", nous a déclaré Mischaël Modrikamen qui voudrait porter le dossier Fortis sur la place publique. "Tenant compte des différentes condamnations pour mauvaise communication, n'y a-t-il pas un problème par rapport aux comptes annuels?"  se demande l'avocat qui, par cette constitution de partie civile, semble signer son retour aux affaires.

Sa tâche sera ardue. Les plus attentifs se souviendront qu'à la fin de l'année 2018, le parquet de Bruxelles avait décidé de jeter l'éponge en abandonnant les poursuites, faute de charges suffisantes dans un dossier plombé par la prescription. A l'époque, cette annonce était tombée comme un beau cadeau de Noël au pied du sapin des anciens dirigeants de Fortis inculpés dans ce dossier. Pour mémoire, il s'agissait de Maurice Lippens (ex-président de Fortis), de Jean-Paul Votron (ex-CEO), de Gilbert Mittler (ex-CFO), d'Herman Verwilst (ex-dirigeant de Fortis), de Filip Dierckx (ex-patron de Fortis Banque), de Lars Machenil (en charge des finances de Fortis) et de Reg De Gols (ex-directeur adjoint en charge des risques). Ces dirigeants avaient été inculpés pour avoir délivré des informations erronées et trompeuses dans le cadre de l'augmentation de capital initiée en 2007 pour racheter la banque néerlandaise ABN Amro. 

Renvoi en correctionnelle

On s'en doute, si l'avocat pointe le bout de sa toge, c'est qu'il a l'intention de demander le renvoi des anciens dirigeants de Fortis en correctionnelle. Il prendra officiellement position après avoir étudié le dossier, mais telle est la piste suivie. Ageas, l'assureur né sur les cendres de Fortis, devrait également faire l'objet d'une demande de renvoi en correctionnelle par l'avocat. Ce dernier a d'entrée de jeu balayé la question de la prescription. "Si on table sur de faux comptes, tant que ceux-ci n'ont pas été modifiés, les faits reprochés continuent à courir", nous a-t-il expliqué. 

Enfin, et sans qu'il ne souhaite entrer dans le détail à ce stade, Mischaël Modrikamen nous a fait savoir qu'il se réservait le droit de remettre en cause le caractère contraignant de la transaction bouclée aux Pays-Bas. S'il persiste dans cette piste, il prévoit d'intenter toutes les actions judiciaires qui s'imposent. A bon entendeur...

"Si je dois être le dernier, je serai celui-là."
Mischaël Modrikamen
Avocat de 150 actionnaires de Fortis

Après avoir fixé un calendrier de dates pour conclure, les différentes parties se retrouveront devant la chambre du conseil les 8 et 9 juin prochains pour plaider l'ensemble du dossier, tout en sachant qu'à ce stade, le parquet n' pas changé sa position et plaide l'abandon des poursuites. Du côté des parties civiles, vu le succès de la transaction signée aux Pays-Bas, il n'y a pour ainsi dire plus personne sur le pont. "Si je dois être le dernier, je serai celui-là", a conclu Mischaël Modrikamen qui, selon ses propres dires, se retrouve aujourd'hui entre le marteau et l'enclume. En effet, la procédure civile qu'il a engagée contre BNP Paribas Fortis en dédommagement du démantèlement est bloquée par la procédure pénale. 

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés