Moody's détériore la perspective du système bancaire belge

Moody’s annonce faire passer la perspective du secteur bancaire belge de "stable" à "négative". ©EPA

Le secteur bancaire belge, bien qu'il soit solidement capitalisé, essuiera également la tempête de l'épidémie. Malgré les précautions déjà prises, les crédits doivent faire l'objet d'une attention particulière, selon Moody's.

Moody’s annonce faire passer la perspective du secteur bancaire belge de "stable" à "négative". Les systèmes bancaires danois, néerlandais, français, italien et espagnol subissent la même dégradation, tandis que l’horizon demeure négatif en Allemagne et au Royaume-Uni. Seules les banques suédoises et suisses échappent actuellement à ce marasme.

Il s’agit évidemment des conséquences de l’épidémie de coronavirus. Selon l’agence de notation, "les banques belges ont un capital solide et un bon accès au financement, mais le bouleversement causé par la pandémie sur l’économie et les marchés va affaiblir la rentabilité, car l’augmentation des prêts problématiques entraîne une augmentation des besoins en provisions pour créances irrécouvrables".

"Le ralentissement de la croissance économique que nous attendions déjà va s’accélérer."
Moody's

L’institution new-yorkaise estime cependant que les mesures prises par le gouvernement fédéral pour soutenir les entreprises, notamment les garanties publiques sur les prêts, vont au moins atténuer le risque de défaut sur les crédits.

Moody’s indique dans son rapport que les conditions opérationnelles vont se détériorer au cours des prochains mois. "Le ralentissement de la croissance économique que nous attendions déjà va s’accélérer." Les initiatives prises par l’exécutif fédéral ainsi que par la Banque nationale de Belgique (BNB) devraient cependant permettre de juguler une potentielle vague de faillites, souligne l’agence.

Ratios suffisants

Si les crédits deviennent également une source potentielle de problèmes, Moody’s estime que ce segment demeure "solide". Les banques, qui ont amélioré la qualité des prêts au cours des dernières années, devront cependant augmenter leurs provisions afin de couvrir les pertes sur prêts. Elle pointe par ailleurs l’exposition des établissements belges au marché immobilier "potentiellement surévalué", les rendant sensibles à une correction des prix.

Au niveau du capital, les banques belges faisaient déjà figure de bons élèves au niveau européen. Même si les ratios de solvabilité baissent, ils demeureront suffisants, d’autant que la BNB a lâché un peu de lest en assouplissant les coussins de fonds propres contracycliques.

Parmi les points positifs, Moody’s signale encore un environnement "sain" de financement et de liquidités. "Les bases étendues de dépôts des clients rendent les banques belges moins dépendantes que leurs homologues européennes des financements sur le marché, une force en matière de crédit."

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