Morgan Stanley fait mieux qu'attendu, mais souffre quand même

©REUTERS

Morgan Stanley se montre elle aussi affectée par les difficultés du courtage. La banque américaine arrive toutefois à dépasser les attentes. Son titre progressait dans les échanges d'avant-Bourse.

Elle est la dernière des grandes banques américaines à entrer dans l'arène. Et si, Morgan Stanley fait état d'un résultat net trimestriel en baisse de 9%, elle ne déçoit toutefois pas les analystes qui tablaient sur un recul plus important.

La banque new-yorkaise, dont le siège est basé à Times Square, a donc vu son bénéfice négativement influencé par l'effet volatilité des marchés sur l'activité de trading (actions et obligations). Il ressort à 2,34 milliards de dollars, soit 1,39 dollar par action (les analystes prévoyaient 1,16 dollar). Un an auparavant, il s'affichait à 2,58 milliards (1,45 dollar par action).

Les revenus dépassent les 10 milliards de dollars contre 9,93 milliards anticipés par les analystes.

Après les résultats mitigés de Goldman Sachs et Citigroup, marqués notamment par une dégringolade des recettes générées par le courtage, les milieux financiers redoutaient le pire, car Morgan Stanley mise également sur les activités spéculatives pour améliorer sa rentabilité.

Les revenus "trading" accusent donc une chute de 9%, mais les analystes s'attendaient à une diminution de 15%. Au final, donc, Morgan Stanley résiste tant bien que mal à l'une des plus fortes baisses à Wall Street des commissions des banques d'investissement.

La banque tire en effet la quasi-totalité de ses revenus des commissions liées aux activités de marché. Active dans la banque privée, la banque d'investissement, elle ne peut pas s'appuyer comme JP Morgan Chase sur une activité de banque de détail. Donc quand le négoce d'actions est en berne, les clients sont frileux, le marché des émissions en mode pause... ajoutez à cela, l'effet du shutdown américain.

Certes le trading obligataire s'est redressé après un quatrième trimestre difficile, mais pas le segment actions.

Changement de stratégie

De plus, après avoir failli déposer le bilan au moment de la crise financière, Morgan Stanley a changé de stratégie. Objectif: limiter l'exposition aux fluctuations des marchés en devenant le courtier des entreprises, mais aussi pour des petits épargnants. La banque s'est donc lancée à l'assaut des jeunes millionnaires. Elle a ainsi racheté en février, pour 900 millions de dollars, une société canadienne spécialisée dans la gestion des rémunérations de salariés et dirigeants à base d'actions.

Autre segment d'activité: le secteur des IPO. La banque a terminé l'an dernier en tête des acteurs en matière de conseils en introductions boursières en jouant notamment un rôle clé dans l'IPO de Uber. Cette position de leader devrait l'aider à soutenir cette division tout au long de cet exercice.
Le segment fusions-acquisitions fait lui grise mine avec les commissions perçues par les banquiers plongeant de 29,3%. 

Dans les échanges d'avant-Bourse, l'action Morgan Stanley progressait de plus de 2%.

Une semaine chargée

Depuis le début de la semaine et de la saison de résultats, les banques américaines avancent en ordre dispersé.

→ Lundi, JPMorgan avait ouvert en grande pompe le bal avec des résultats supérieurs aux attentes. Dans la foulée, Wells Fargo avait fait état d'un bon bulletin; une annonce toutefois éclipsée par une révision à la baisse des prévisions de revenus nets d'intérêts pour cette année.

→ Mardi, Citigroup et Goldman Sachs décevaient les analystes qui attendaient davantage en termes de résultats.

→ Hier, Bank of America a présenté un résultat net trimestriel supérieur aux attentes, là où les analystes espéraient mieux en termes de revenus.

→ Pour être complet, notons encore les résultats trimestriels décevants présentés ce mercredi par Bank of New York Mellon. Son bénéfice net chute de 20% à 910 millions de dollars. Les revenus reculent de près de 7% à 3,9 milliards.

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