"Nagelmackers n'est pas à vendre"

Yves Van Laecke et Tim Rooney. ©Dieter Telemans

La vente de la Banque Nagelmackers, dont le principal actionnaire, le chinois Anbang, a été nationalisé il y a moins de six mois, "n’est pas à l’ordre du jour", affirme son CEO.

Depuis la reprise du contrôle du holding Anbang par le gouvernement chinois, les spéculations vont bon train sur la vente possible des activités belges – l’assureur Fidea et le groupe bancaire Nagelmackers. "Anbang a mandaté Deutsche Bank pour analyser les possibilités pour Fidea et la position de l’assureur sur le marché belge", explique Tim Rooney, CEO de la Banque Nagelmackers. "Nous nous attendons à ce que Pékin prenne une décision définitive sur l’avenir de Fidea au sein du groupe au cours du premier trimestre de l’an prochain."

Quant à la Nagelmackers, son patron affirme qu’un exercice similaire n’est pas en cours. "Ce n’est pas le cas", dit-il simplement. "À mon arrivée à la tête de la banque il y a quatre mois, précise-t-il, j’ai analysé en détail la stratégie de la Banque Nagelmackers. L’objectif de cet exercice n’était pas de vendre la banque, mais de voir comment nous pouvions accélérer notre croissance après une période mouvementée."

Nous retournons à nos racines et nous nous concentrons à nouveau sur les services de banque privée pour les clients fortunés et sur la gestion patrimoniale.
Tim Rooney
CEO de Nagemackers


Avant la nationalisation d’Anbang en juin, son ancien patron s’est retrouvé sous les verrous pour corruption. Mais à la Banque Nagelmackers, "nous n’avons pas constaté de défection massive de notre clientèle. Comme c’est le cas avec d’autres banques, nous avons bien entendu vu des gens partir, mais ces départs sont surtout dus à la situation des marchés financiers. Nos clients institutionnels sont restés particulièrement loyaux. Quant aux familles clientes, elles continuent elles aussi à nous faire confiance", affirme le CEO.

Stabilisation

Maintenant que la situation s’est quelque peu stabilisée après les remous liés à la nationalisation d’Anbang, le cap est mis sur la mise en place d’une nouvelle stratégie.

"Mon prédécesseur, Zhu Dashu, qui a quitté la banque en juin, voulait faire de Nagelmackers une banque universelle, avec une gamme de services financiers aussi large que possible, explique Tim Rooney. Ce n’était pas réaliste: en tant qu’acteur modeste, nous ne pouvons concurrencer les quatre grandes banques présentes en Belgique. C’est pourquoi nous retournons à nos racines et nous nous concentrons à nouveau sur les services de banque privée pour les clients fortunés et sur la gestion patrimoniale." Yves Van Laecke, responsable de la division Banque privée à la Nagelmackers, précise: "Nous n’allons plus proposer des crédits commerciaux et des prêts aux entreprises, sauf si cela s’inscrit clairement dans notre ambition d’attirer plus de ‘high net worth individuals’. Nous allons rechercher plus activement des clients disposant de capitaux à investir supérieurs à 1 million d’euros."

1 million €
La Banque Nagelmackers va rechercher plus activement des clients disposant de capitaux à investir supérieurs à 1 million.

Concrètement, la banque va intégrer quatre nouveaux centres de banque privée dans son réseau. À partir de ces centres à Waregem, Herentals, Bruxelles et Awans, elle pourra s’adresser plus activement à ces clients fortunés et mieux les aider. Les 38 agences que la banque compte aujourd’hui seront sous-divisées en 12 à 13 agences principales dont les autres dépendront en tant qu’agences "satellites".

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