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Nagelmackers traîné en justice par ses agents

©Dieter Telemans

L'association professionnelle des banquiers indépendants saisit la justice, car la banque n'a pas respecté le code de conduite du secteur dans le cadre du déploiement de sa nouvelle stratégie.

La banque Nagelmackers, détenue par le conglomérat chinois Anbang, a décidé en début d'année de recentrer sa stratégie sur les segments personal et private banking. Il s'agit là d'une tuile pour les agents indépendants de l'enseigne, qui s'étaient construit une large base de clients retail lorsque l'établissement se trouvait sous la férule de Delta Lloyd.

Ceux-ci, qui représentent une cinquantaine des quelque 90 agences de la banque, craignent maintenant de ne jamais pouvoir amortir les investissements qui avaient alors été consentis.

"C'est la toute première fois que nous décidons d'aller devant le juge. Nous parvenons généralement à un accord avec la banque, mais cela s'est avéré impossible dans ce cas"
Albert Verlinden
Président BZB-Fedafin

"Nagelmackers se comporte de manière déloyale à l'égard de ses agents", fulmine Albert Verlinden, président de BZB-Fedafin, l'organisation professionnelle des agents indépendants. "Une banque a bien sûr le droit de changer de stratégie, mais cela doit se faire de manière progressive. Elle a également des obligations légales envers ses agents."

Code de conduite

Déjà en mars, BZB-Fedafin avait averti que Nagelmackers ne respectait pas le code de conduite conclu entre les banques et les agents, relatif aux indemnités en cas de fermeture d'une succursale. Cette charte avait été élaborée à la suite de la sévère restructuration opérée par ING en 2016. Elle stipule, notamment, qu'en cas de réorganisation, l'institution doit informer ses agents du nombre de bureaux visés et du mode de calcul des commissions de portefeuille et de rupture.

50.000
euros
BZB-Fedafin réclame 50.000 euros par infraction constatée, et par jour, jusqu'à ce que Nagelmackers se conforme au code de conduite.

Les appels lancés par la fédération à l'attention de la banque afin qu'elle respecte ce code sont restés lettre morte, indique le président de BZB-Fedafin. C'est pourquoi l'organisation a décidé de saisir la justice et de réclamer une astreinte de 50.000 euros par infraction constatée, et par jour, jusqu'à ce que la banque se conforme au code de conduite.

Assistants commerciaux aussi frappés

"C'est la toute première fois que nous décidons d'aller devant le juge", souligne Albert Verlinden. "Nous parvenons généralement à un accord avec la banque, mais cela s'est avéré impossible dans ce cas."

En dehors, des indépendants, une quinzaine d'assistants commerciaux actifs dans le réseau propre, se voient également montrer la porte. Les syndicats espéraient un plan social plus généreux que les minima légaux, mais la direction ne veut rien entendre.

Invitée à réagir, celle-ci indique "rester en bons termes avec toutes les parties et ambitionner à parvenir à un accord correct", qualifiant l'initiative de BZB-Fedafin de "chamailleries procédurières ne facilitant pas les discussions".

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