"Nous souhaitons collaborer avec les banques belges"

Les banques chinoises avancent leurs pions en Belgique, et sur le vieux Continent. Bank of China, la troisième banque de l’Empire du milieu par sa capitalisation boursière dont nous annoncions l’arrivée en Belgique il y a quelques mois lance officiellement sa succursale à Bruxelles ce soir, lors d’une inauguration dans le prestigieux cadre du Concert Noble.

"Les représentants de Barco, Bekaert, ou encore de Solvay figurent sur la liste des invités, mais tous ne seront pas présents pour des questions d’agenda", souligne-t-on chez Bank of China. BOC, dont les locaux se situent avenue des Arts à Bruxelles, compte s’adresser aux entreprises chinoises qui souhaitent se développer en Belgique, mais aussi accompagner les groupes belges en Chine. Sa rivale, la première banque chinoise ICBC qui a également pris pied en Belgique en juillet, a prévu de communiquer début 2011. Bank of China est la première à sortir du bois. Bing She, le directeur général de BOC Luxembourg SA, dont dépend la succursale belge revient sur les ambitions de la banque en Belgique.

Pourquoi Bank of China a-t-elle décidé de s’implanter en Belgique?

Bing She: La Belgique représente un très bon environnement pour l’investissement. De par sa position géographique, la Belgique est une porte d’entrée sur l’Europe notamment grâce au port d’Anvers. Le fait d’avoir une implantation à Bruxelles nous permettra de nous rendre plus facilement dans les autres implantations de Bank of China au Benelux. C’est aussi pour cela que nous avons décidé de nous installer ici. Le niveau élevé d’éducation, et le multilinguisme sont également un atout. De plus, la Belgique a adopté des législations incitatives permettant d’attirer de plus en plus d’investisseurs étrangers sur son territoire. Nous constatons aussi que les investissements belges en Chine ont rapidement augmenté sous l’effet notamment de la politique d’ouverture menée par le gouvernement chinois.

Quel type d’activités allez-vous proposer: du corporate banking, mais aussi peut-être des services pour les particuliers?

Bing She:  Nous allons proposer dès maintenant des activités de corporate banking essentiellement, mais aussi du retail banking à destination des particuliers. Nous visons tout d’abord les groupes chinois qui partent se développer en dehors de leurs frontières, mais aussi les entreprises belges qui vont en Chine, ou dans la région comme en Inde par exemple. Nous comptons aussi accompagner en Belgique les institutions chinoises qui sont missionnées par l’Etat, comme l’ambassade chinoise en Belgique par exemple. Nous souhaitons encore nous adresser aux étudiants chinois présents en Belgique.

Envisagez-vous d’ouvrir des agences bancaires?

Bing She:  Pas pour l’instant. Je pense que nous devons d’abord lancer nos activités pendant une période de 6 mois à 1 an, et étudier ensuite cette question avec notre maison mère en Chine.

La première banque chinoise ICBC a également pris pied récemment en Belgique. De quel œil voyez-vous cette concurrence?

Bing She:  C’est une question sensible (rires). BOC et ICBC sont deux des plus grandes banques chinoises. Il est donc normal que toutes les deux soient présentes, et que chacune développe son activité de banque commerciale. Je présume que nous avons les mêmes attentes pour le marché financier belge mais entre nous, il y aura plus de coopération que de compétition. Même s’il y a un niveau raisonnable de concurrence, celle-ci sera régulée, et elle permettra de relever la qualité des services bancaires proposés.

Vous pourriez aussi faire de la concurrence aux banques belges qui accompagnent nos entreprises à l’étranger?

Bing She:  Avec les banques belges aussi, il s’agira plus de coopération que de compétition. En tant que banque étrangère en Europe, nous souhaitons obtenir le soutien des banques locales, et notamment belges. Nous souhaitons collaborer avec les banques belges pour offrir un meilleur service à nos clients. Nous avons déjà établi des contacts avec KBC, ING, et BNP Paribas Fortis. Je ne pense pas que nous allons pouvoir travailler ensemble dès mainten ant, mais nous pourrions leur apporter notre expertise pour les services innovants que nous allons proposer, comme la possibilité d’avoir un compte bancaire en monnaie locale chinoise ou dans le trade finance avec des contrats d’échanges commerciaux internationaux libellés en yuans. Je pense que nous sommes les premiers à offrir ce service en Belgique.

Vous allez pourtant viser les mêmes clients?…. les entreprises chinoises implantées en Belgique.

Bing She: Peut-être que nous pourrons partager avec ICBC des contacts auprès de la clientèle dans le futur. Peut-être que dans certains domaines, ICBC aura la meilleure expertise, et dans d’autres cas, ce sera BOC. Nous pouvons aussi apprendre l’un de l’autre pour déterminer quels sont les produits les mieux adaptés à la clientèle.

Avez-vous des objectifs financiers?

Bing She:  Nos activités en Belgique pourraient être profitables dès l’année prochaine.

Votre équipe se compose de 7 personnes en Belgique. Comptez-vous recruter?

Bing She:  La succursale à Bruxelles est composée de 4 chinois et 3 belges, dont 2 personnes qui viennent du Luxembourg. Pour ce qui concerne les embauches, cela dépendra du développement de nos activités.

interview Krystèle Tachdjian

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