Nouvelles suppressions d'agences en vue chez BNP Paribas Fortis

©Belga

La banque en discutera avec les syndicats après les élections d’octobre. Le chiffre de 50 fermetures d’agence en 2019 circule. La banque publie par ailleurs des résultats semestriels stables, sans plus.

En tête des sujets qui animent les marchés en ce moment, les remous économiques en Turquie et la dépréciation de la lire turque n’ont pas manqué d’affecter la contribution de la filiale au résultat de BNP Paribas Fortis, qui détient 48,7% de TEB (le groupe BNP Paribas en détient également 23,5%).

La banque ne chiffre pas la profitabilité de sa filiale turque et elle se veut confiante, même si cela secoue en ce moment. Au premier semestre, la croissance des volumes et des marges réalisée en Turquie a permis de compenser l’effet de change négatif, de sorte que les revenus sont restés stables. Mais depuis juillet, la devise turque a encore perdu des plumes et "cela sera plus impactant pour la seconde moitié de 2018", pointe le CEO Max Jadot.

"TEB est tout à fait solvable, elle est très liquide et est gérée par une équipe forte qui a connu déjà connu des crises", insiste Max Jadot. "Mais il est vrai que la situation économique est complexe et difficile. On verra ce que cela donne sur le résultat, bien malin qui peut prédire l’évolution de la lire turque dans les mois à venir."

Bref, chez BNP Paribas Fortis, la Turquie est un point d’attention, pas un sujet d’épouvante. Il est vrai que TEB représente 6% du bilan, soit 19 milliards d’euros. Les activités belges pèsent pour leur part deux tiers du bilan, soit 200 milliards d’euros.

En Belgique, la première banque du pays fait preuve d’une "bonne dynamique" commerciale, avec une progression de 3% tant du côté des dépôts (qui pointent à 124 milliards d’euros) que du côté des crédits (105 milliards d’euros d’encours).

"Prudence" hypothécaire

La compétition sévère à laquelle se livrent les banques sur le crédit hypothécaire continue de peser sur les marges, à la baisse comme chez tout le monde. "Ceci dit, depuis deux ans, nous avons décidé d’être prudents et nous n’offrons pas les prix les plus bas", situe le CEO. Cela se traduit par une croissance moindre des volumes: + 1,3% au 1er semestre, contre + 3 à 4% auparavant. La banque a par contre octroyé plus de crédits aux entreprises (+ 7%).

Au total, les revenus se tassent de 1,5% (à 4,1 milliards d’euros) et évoluent tout en contraste: en baisse de 3,7% en Belgique (marges d’intérêt moindres, commissions plus faibles aussi) mais en progression dans d’autres divisions (Turquie, crédits à la consommation notamment). Les frais de gestion sont, eux, en hausse de 1,7% mais pas à cause de la Belgique où ils sont stables, se plaît à souligner Max Jadot. Ce sont des investissements consentis ailleurs (notamment… en Turquie) qui expliquent l’inflation des coûts.

Au final, le bénéfice net de BNP Paribas Fortis recule de 11% sur un an, à 934 millions d’euros. Hors éléments non récurrents (dépréciation de la lire turque cette année, ventes d’actifs l’an dernier), le résultat dit sous-jacent s’avère stable (+ 0,3%).

678
À la fin de l’année, BNP Paribas comptera 678 agences, soit 69 de moins en un an. La réduction du réseau se poursuivra l’an prochain. Il est question de 50 fermetures en 2019. À discuter avec les syndicats après les élections communales.

Moins d’agences en 2019

BNP Paribas Fortis est aussi revenu sur l’évolution de son réseau d’agences. Depuis début 2015, la banque a fermé 111 agences, soit une agence sur huit. Elles sont 705 actuellement, et seront 27 de moins à la fin de l’année. C’était annoncé.

©Photo News

Mais que se passera-t-il ensuite, après 2018? "Ce sera discuté avec les syndicats en fin d’année", répond Max Jadot. Il n’en dira pas plus mais il ne fait aucun doute, nous dit-on à bonnes sources, que la banque va à nouveau réduire son réseau physique dès l’an prochain. Il est ainsi question de 50 fermetures en 2019.

La maison justifiera ce nouveau tour de vis par le grand shift du client, lequel se rend de moins en moins en agence et se tourne de plus en plus vers son smartphone. Mais avant d’en informer les syndicats, la banque va laisser passer les élections communales du 14 octobre. Histoire de ne pas tendre le bâton aux politiques locaux…

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