Optima n'aurait jamais pu racheter Ethias Banque

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Ce n'est qu'en 2015 que la justice espagnole a averti son homologue belge d'une condamnation en 2009 de Jeroen Piqueur. C'est donc le casier "vierge", que le fondateur d'Optima a pu acquérir Ethias Banque en 2011.

Le 31 juillet 2009, Jeroen Piqueur, le fondateur et dirigeant d'Optima, est condamné en Espagne. Un juge de Benidorm le condamne à une peine de prison d'un an et 9 mois. Cette condamnation a été rendue publique vendredi lors de la présentation du verdict dans le dossier de fraude fiscale par le tribunal correctionnel gantois. Tant l'avocat de l'homme d'affaires que ce dernier ont affirmé ne pas être au courant de cette condamnation. Le sujet n'est même jamais intervenu lors des plaidoiries.

Et pourtant, ce dossier espagnol s'il avait été dévoilé dans les temps aurait pu changer la ligne du temps.

En effet, lors du rachat par Optima d'Ethias Banque, la Banque Nationale a, selon la procédure habituelle, enquêté sur la moralité de Jeroen Piqueur. C'est la procédure de "fit and proper" (professionnellement apte et de confiance). Au terme de cette enquête, Piqueur a reçu l'aval de la BNB pour le rachat de la banque. Aujourd'hui, l'institution reproche à la Justice de ne pas lui avoir transmis les condamnations précédentes.

"Les autorités judiciaires belges ne nous ont jamais informés de cette condamnation. Nous ne pouvions donc pas la prendre en compte dans notre enquête Fit and Proper", insiste-t-on à la BNB. "Lorsque nous avons interrogé les autorités judiciaires, et en particulier pour M. Piqueur, aucun fait de condamnation pénale ou de procédure en cours ne nous a été signalé."

Autre point, chaque enseigne bancaire a le devoir de vérifier chaque année si son dirigeant est toujours "fit and proper". Tout problème doit être signalé à la BNB. Mais même du côté d'Optima, la BNB n'a rien reçu.

La faute aux Espagnols

Le ministre de la Justice, Koen Geens, va se pencher sur le dossier. Il conclut pour l'heure que la faute incombe aux autorités judiciaires espagnoles. De 2006 à 2012, le réseau de registres judiciaires permettait l'échange de données des condamnations entre la France, l'Allemagne, la Belgique et l'Espagne.

En avril 2012, le système européen d'échange d'informations criminelles (European Criminal Records Information System -ECRIS) était créé. Sa mission: encadrer les échanges sur les condamnations entre États membres européens.

Selon Koen Geens, les gestionnaires espagnols de ce registre ont signalé la condamnation de Jeroen Piqueur -datant de 2009- seulement le 21 janvier 2015. Le parquet gantois aurait lui interrogé le registre le 27 juin dernier, soit 12 jours après que le prononcé de faillite de la banque Optima.

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