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Paris exige 2 milliards d'euros de dividendes de BNP Paribas Fortis

Les dividendes de BNP Paribas Fortis remonteront à Paris quoi qu'en dise la BCE. ©Saskia Vanderstichele

Le groupe BNP Paribas a décidé de faire fi des recommandations de la BCE de ne pas distribuer de dividendes. Pour poursuivre sa politique dividendaire, le groupe récolte ainsi les dividendes de ses filiales, dont ceux de la Belgique.

Alors que la demande a été faite aux banques européennes de ne pas distribuer de dividendes pour les périodes de 2019 et 2020, le groupe BNP Paribas  a décidé de percevoir de sa filiale belge, BNP Paribas Fortis, un dividende de 1,9 milliard d'euros, lit-on dans De Standaard. Le dividende versé à Paris représente la quasi-totalité des bénéfices de la banque belge. Ce versement pourrait par ailleurs amputer la banque belge de moyens nécessaires pour soutenir l'économie belge.

La Banque centrale a lancé cette recommandation la semaine dernière alors que des efforts supplémentaires sont demandés aux institutions bancaires pour soutenir les particuliers et les entreprises affectés par les répercussions économiques de la crise du coronavirus. Certes le ministre des Finances, Alexander De Croo (Open VLD), a réitéré cet appel.

"On ne sait pas quand va finir la crise"

"Les banques feraient mieux de garder leurs moyens, car nous ne savons pas quand cette crise va se terminer."
Alexander de Croo
Ministre des Finances

 Ce montant proche de 2 milliards d'euros est par ailleurs supérieur au 1,5 milliard d'euros de pertes encaissées par les banques belges dans le cadre des mesures prises par Alexander De Croo.

Ce dernier a fait savoir sur les ondes de VRT-Radio qu'il n'allait pas en rester là. "Nous allons faire entendre notre voix au conseil d'administration de BNP Paribas." Et d'ajouter: "J'ai déjà dit la semaine passée qu'il n'est pas souhaitable que les banques versent un dividende. Elles feraient mieux de garder leurs moyens, car nous ne savons pas quand cette crise va se terminer." Rappelons que l'État belge détient quelque 7% du capital du groupe bancaire.

Quoi qu'il en soit, BNP Paribas entend poursuivre sa politique de dividendes et a donc besoin de l'argent de sa filiale belge, et pas seulement. Le groupe bancaire français risque aussi d'affaiblir sa capacité à soutenir l'économie française.

Des sanctions possibles

Outre BNP Paribas, les banques françaises semblent réfractaires aux recommandations de la BCE. Mardi, le président du conseil de surveillance de la Banque centrale européenne, Andrea Enria, a ainsi haussé le ton. Il a indiqué que l'institution s'attendait à ce que les banques respectent sa volonté de voir les dividendes et rachats d'actions suspendus au moins jusqu'en octobre.

"Si les banques décident de ne pas se contraindre avec nos recommandations, nous pourrons décider d'autres mesures. Nous pouvons aussi prendre des mesures légales s'il le faut."
Andrea Enria
Président du conseil de surveillance de la BCE

"Nous voulons instiguer un engagement fort des banques pour préserver chaque euro de leur capital qui pourrait être utile pour financer l'économie", a-t-il déclaré. "Si les banques décident de ne pas se contraindre avec nos recommandations, nous pourrons décider d'autres mesures. Nous pouvons aussi prendre des mesures légales s'il le faut." Il n'a visé aucune banque en particulier, mais les banques françaises sont en ligne de mire.

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