Payvision et ses clients du porno, la nouvelle tuile d'ING

ING a déclaré au Financieele Dagblad ne plus avoir de relations avec les clients à haut risque de Payvision. ©ANP

La reprise de Payvision s'avère être un flop coûteux et embarrassant pour ING. La fintech néerlandaise ne comptait pas que du beau monde parmi ses clients...


Il y a deux ans, ING s'offrait, pour quelque 350 millions d'euros, Payvision, une fintech néerlandaise qui propose aux commerçants une manière différente d'être payés.

À l'époque, il s'agissait pour le groupe bancaire de l'acquisition la plus importante depuis la crise financière. Ralph Hamers, alors CEO, parlait d'un accord "très stratégique".

Depuis plusieurs années, Payvision aurait eu comme clients des acteurs de l'industrie du porno et des jeux d'argent.

D'espoir en désillusion

Avec Payvision, ING espérait connaître le même succès dans le secteur des paiements en ligne que celui de la "licorne" néerlandaise Adyen. Cet espoir s'est transformé en désillusion, lit-on dans Het Financieele Dagblad. La société de paiements était sur le radar du gardien des marchés américains. C'est ce qui ressort du dossier sur le blanchiment d'argent FinCEN.

Depuis plusieurs années, la société aurait eu comme clients des acteurs de l'industrie du porno et des jeux d'argent, deux secteurs souvent exclus par les banques traditionnelles à cause des risques de fraudes.

Plainte déposée

Selon le quotidien néerlandais, en quelques mois, des dizaines de millions d'euros auraient été transférés à des clients, comme le site porno Pornhub.

La European funds recovery initiative (EFRI), une ONG autrichienne qui défend les victimes de la cybercriminalité, parle de Payvision comme de la version néerlandaise de Wirecard, ce géant allemand des paiements qui a culbuté cette année après une méga fraude.

7 millions
d'euros
L'ONG EFRI demande une indemnisation de 7 millions d'euros pour les clients victimes de Payvision.

L'ONG a déposé une plainte auprès de la Banque centrale néerlandaise pour blanchiment d'argent et demande une indemnisation de 7 millions d'euros pour les clients victimes de Payvision.

Entre-temps, ING s'est déja débarrassé de la partie la plus rentable du portefeuille de la société de paiement, celle des clients actifs dans le secteur pornographique. Elle a été revendue pour 1 million d'euros à l'ancien propriétaire.

Auparavant, ING avait déjà procédé à une dépréciation de 188 millions d'euros du goodwill. C'est plus de la moitié de ce que la banque avait initialement payé pour Payvision.

Confiance maintenue

ING a déclaré au Financieele Dagblad ne plus avoir de relations avec les clients à haut risque de Payvision. Il ajoute toutefois maintenir sa confiance dans l'entreprise qui garde un rôle prépondérant sur le marché des paiements en ligne.

Quant à la dépréciation de 188 millions, elle n'a pas de lien avec cette affaire et serait juste un effet de la crise du coronavirus.

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