Polémique salariale à la tête de Dexia

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Gilles Denoyel, le nouveau président de Dexia, revendique un salaire annuel au moins égal à la rémunération de son prédécesseur.

Le Français Robert de Metz (66 ans) a déposé l’an dernier son mandat de président du conseil d’administration de Dexia. Il a passé le témoin à son compatriote Gilles Denoyel, qui avait officié plus tôt dans sa vie au sein du géant bancaire britannique HSBC. Robert de Metz a tiré sa révérence plus tôt que prévu. Il était candidat à sa succession mais Paris en a décidé autrement.

Dexia versait chaque année à Robert de Metz, qui était domicilié en Belgique, une rémunération de 250.000 euros, qu’il percevait comme indépendant; il payait donc de sa poche les cotisations sociales liées à son statut. Le système de rémunération a été conservé pour son successeur, après une concertation entre la Belgique et la France et l’approbation du comité de rémunération de Dexia.

La rémunéra-tion nette de Gilles Denoyel est largement inférieure, en raison de la fiscalité française, à celle de son prédéces-seur, domicilié en Belgique.

Mais Gilles Denoyel, domicilié en France et pur produit de l’ENA (École nationale d’administration), a vite déchanté en voyant sa fiche de paie: sa rémunération nette, en raison de la fiscalité française, était largement inférieure à celle de son prédécesseur. Selon plusieurs sources, il manœuvrerait en coulisses depuis plusieurs mois pour que sa rémunération annuelle soit relevée à 250.000 euros. Cette augmentation représenterait pour Dexia un surcoût considérable parce qu’il devrait être payé comme salarié de la filiale française de Dexia, ce qui implique des contributions fiscales et sociales plus élevées. "Ce surcoût pourrait même atteindre 60%", avance une source.

Tensions

Les exigences de Denoyel suscitent des tensions et de l’incompréhension au sein de Dexia, surtout du côté belge. La situation est bloquée depuis tant de temps qu’elle remonte à présent au niveau politique entre les deux pays. Depuis le sauvetage de Dexia en 2012, les États belge et français détiennent en effet plus de 99,5% de son capital.

Ce n’est pas la première fois que les rémunérations au sein de Dexia suscitent une controverse. Il y a six ans, le salaire de quelques nouveaux membres de la direction avait fait polémique.

Certains estiment tout simplement "scandaleuses" ces bisbilles au sujet des rémunérations alors que Dexia continue à accuser des pertes et que les États belge et français se portent encore garants de la banque résiduelle pour la bagatelle de plus de 65 milliards d’euros. Ces garanties d’État sont suspendues comme une épée de Damoclès au-dessus des finances publiques des deux pays.

Depuis son sauvetage en 2012, Dexia ne poursuit plus qu’une mission: liquider le plus vite possible son gigantesque portefeuille de crédits. Chaque retard pris à réduire le bilan de Dexia prolonge d’autant la menace qu’elle représente pour les contribuables des deux pays. À la fin de 2018, le total du bilan de Dexia s’élevait encore à 158,8 milliards d’euros (contre plus de 400 milliards il y a sept ans). Après la clôture de la vente de sa filiale allemande DKD, le bilan rétrécira d’un coup de 15%.

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