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Pour BNPP Fortis et les autres banques, la crise est (presque) finie

Max Jadot, le patron de BNP Paribas Fortis, peut avoir le sourire: son entreprise a traversé la tempête pandémique sans avarie majeure. ©Tim Dirven

BNPP Fortis tourne la page de la pandémie, avec des chiffres comparables à 2019 dans les grandes lignes. Une reprise également lisible dans les résultats de ses concurrentes.

Max Jadot est positif. Son navire a traversé la tempête pandémique sans avarie majeure et en a même profité pour accélérer sa transformation numérique, comme le reste du secteur et l'économie en général.

En marge de la présentation des résultats du premier semestre, vendredi, le capitaine de BNP Paribas Fortis pouvait scruter une mer qui retrouve son calme et offre à nouveau de bons horizons. "L'économie belge est à nouveau dans une tendance positive, avec une croissance de 1% prévue au troisième trimestre. Il y a actuellement un problème de l'offre, mais c'est moins grave", a-t-il analysé.

1,14 milliard
d'euros
Le résultat net de BNPP Fortis s'établit à 1,14 milliard d'euros, alors qu'il était de 804 millions d'euros en 2020.

Il reste cependant prudent, la conjoncture étant encore plus difficile à anticiper que d'accoutumée. "On ne peut pas exclure d'autres situations, mais les prochains trimestres devraient être bons. Et si l'économie va bien, les banques aussi."

Son paquebot a donc réalisé un beau parcours en ce début d'année, avec un produit net bancaire de 4,15 milliards d'euros. Le résultat net s'établit à 1,14 milliard d'euros, alors qu'il était de 804 millions d'euros en 2020. La banque revient ainsi quasiment au niveau de son bénéfice réalisé en 2019.

Back to normal

Un constat qui peut s'appliquer à ses trois principales concurrentes. Ensemble, le "Big Four" a réalisé un bénéfice net de 3,2 milliards d'euros. C'est quasiment le triple en comparaison avec les performances réalisées sur la même période l'an passé, et c'est même 11% de mieux qu'en 2019.

813 millions
d'euros
Le coût du risque cumulé des quatre grandes banques (BNPP Fortis, ING, Belfius et KBC) atteint 813 millions d'euros au premier semestre, contre 2,1 milliards en 2020.

La principale raison de cette différence se trouve dans les montants mis de côté pour faire face au risque (pandémique, en l'occurrence), qui ont pesé sur les résultats du deuxième trimestre 2020. Ainsi, BNPP Fortis avait provisionné 360 millions d'euros, ING Belgique 338 millions, Belfius 393 millions, tandis que KBC s'était même constitué un bas de laine approchant le milliard.

Cette année, les quatre grandes banques ont respectivement prévu 227 millions, 139 millions, 247 millions et 200 millions. On est ainsi passé de plus de deux milliards d'euros de provisions sur le premier semestre 2020 à un peu plus de 800 millions sur la première moitié de l'exercice actuel. Détail qui a son importance, le dossier FNG, dans lequel BNPP Fortis, Belfius et ING étaient exposées à 190 millions d'euros, fait maintenant partie de l'histoire ancienne après la faillite de la société.

Diversification des revenus

De plus, les revenus des banques restent stables, alors que les taux demeurent à un niveau plancher et conservent un "très lourd impact", comme l'a rappelé ce vendredi Franciane Rays, CFO de BNPPF.

BNPP Fortis a sélectionné quatre écosystèmes beyond banking: le paiement, l'habitation, la mobilité et le monde du travail.

Pour compenser cette pression sur les revenus d'intérêts, la banque a notamment pu compter sur une production de crédits immobiliers en forte hausse, qui dépasse même celle enregistrée en 2019. Fait remarquable, près d'un tiers de ces prêts ont été conclus entièrement en ligne depuis le début de l'année.

Les établissements tentent également de diversifier leurs sources de gains, c'est pourquoi ils investissent massivement dans le beyond banking. Chez BNPP Fortis, quatre segments ont ainsi été sélectionnés: le paiement, l'habitation, la mobilité et le monde du travail. "Le beyond banking n'est pas un exercice facile", souligne Max Jadot. "Ces écosystèmes doivent encore croître et cela nécessite du temps avant qu'ils génèrent des revenus récurrents."

L'enseigne est plus confiante en son efficacité dans le secteur des assurances, où elle est le premier distributeur d'AG Insurance. BNPPF proposera d'ici la fin d'année une nouvelle business line de produits d'assurance destinée aux entrepreneurs, avec une vingtaine de nouveaux produits, censée couvrir 85% de leurs besoins.

Reprise du dividende

BNPP Fortis entend proposer un dividende intercalaire de 0,84 euro par action "prélevé sur les réserves" à son actionnaire unique, le groupe BNP Paribas. Au total, cela représente un montant de 475 millions d'euros.

En mars déjà, à l'occasion de la présentation des résultats de l'exercice 2020, BNPP Fortis annonçait vouloir faire remonter 475 millions d'euros vers sa maison mère. Au total, la banque devrait donc proposer 950 millions d'euros à son propriétaire, soit environ la moitié de son bénéfice net en 2019.

Le résumé

  • BNP Paribas Fortis renoue avec des performances prépandémiques.
  • Le coût du risque est en forte baisse, signe d'un retour à la normale.
  • Ce constat est également applicable aux trois autres grandes banques du pays.
  • La banque reprend aussi le versement d'un dividende au groupe parisien.

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