Pour l'épargne, les paroles ne valent pas les actes

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Trois quarts des Belges mettent de l’argent de côté, et le rendement est leur priorité. Pourtant, 85% des personnes interrogées privilégient le livret pour placer leur bas de laine.

"Un bon rendement." Pour 70% des Belges, c’est le critère le plus important à avoir en tête au moment de placer son épargne. Ceux-ci sont néanmoins une écrasante majorité à plébisciter le compte d’épargne pour loger leurs deniers, selon le cinquième Observatoire "Les Belges, leur épargne et les investissements durables" de CBC Banque & Assurance.

"Les Belges épargnent… sans trop savoir pourquoi."

Un constat plus que paradoxal puisque le livret… fait actuellement perdre de l’argent. Avec un taux d’intérêt minimum légal de 0,11% appliqué par la majorité des acteurs bancaires du pays (personne ne propose plus de 0,8%, selon guide-epargne.be) et un taux d’inflation qui devrait atteindre 1,5% cette année selon le Bureau du plan, le compte d’épargne affiche de facto un rendement négatif.

Les épargnants restent très conservateurs. Ils se tournent ainsi également vers l’épargne-pension (45%) et l’assurance-vie (16%). Ce profil pour le moins défensif pourrait s’expliquer par un manque de vision: quasiment la moitié de ceux qui mettent de l’argent de côté le fait sans durée précise en tête. "Les Belges épargnent… sans trop savoir pourquoi", commente Xavier Falla, directeur général du marché des particuliers chez CBC.

"Cela les empêche de structurer leur épargne entre projets de court terme, qui demandent une disponibilité immédiate de l’épargne, et projets de long terme, qui laissent une marge de manœuvre pour voir fructifier un investissement dans le temps."

Le durable en vogue

L’investissement constitue la destination des fonds de seulement un quart des épargnants, alors que pas moins de 274 milliards d’euros dorment sur les comptes belges.

Pour ceux qui franchissent le pas, la thésaurisation sur des produits durables a le vent en poupe. Pas moins de 48% des répondants indiquent aujourd’hui connaître ce type de financement, mais seuls 37% ont conscience que c’est un titre dont le rendement peut être égal ou supérieur à celui d’un investissement classique.

Un peu plus de la moitié des investisseurs indique accorder de l’importance au profil durable de leurs placements. Ils sont même 9% à affirmer n’injecter leurs fonds que dans des produits durables, tandis que 58% supplémentaires prétendent être aptes à les substituer à leurs investissements classiques.

"L’offre de produits durables a récemment explosé, elle précède même la demande", explique Xavier Falla. En plus d’être des investissements sociétalement responsables, ils permettent également de lutter efficacement contre le risque, qui est le deuxième critère de placement, grâce à leur grande diversification.

Ce discours plaît particulièrement aux 18-34 ans, qui sont 65% à penser que ce type de placement peut être un moteur de changement positif. "C’est peu, car l’investissement a un impact bien supérieur sur le changement", estime Christine Dumas, professeur de finance à l’Ichec.

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