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Pourquoi le marché a sanctionné Dexia

De prime abord, excellents, les résultats de Dexia n'ont néanmoins pas enchanté le marché. Explications.

A première vue, les résultats semestriels de Dexia sont ressortis meilleurs que prévus, avec un bénéfice net qui a moins baissé qu'attendu. Cependant, l'action a été sanctionnée à la Bourse de Bruxelles, avec un recul de 4,7% en clôture. Au vu des notes d'analystes publiées après publication des résultats, il est vrai que les investisseurs n'ont peut-être pas tant matière à s'emballer, surtout du côté des fonds propres de la banque, calculés selon les normes IFRS.

  • Du côté de la banque Degroof, Ivan Lathouders pointe "l'impact négatif de 3,1 milliards d'euros sur les réserves de fonds propres de la banque dû au taux de change euro/dollar et à l'accroissement du spread des obligations souveraines". Or, les analystes s'attendaient à un impact limité à 1 milliard d'euros. "Aujourd'hui, les investisseurs ont des difficultés à valoriser l'action via la rentabilité future du groupe. C'est pourquoi ils se basent sur les fonds propres actuels pour valoriser l'action", indique-t-il. Ce qui explique donc le recul du titre.

  • Jean-Pierre Lambert, de KBW, convient que le bénéfice net de 248 millions d'euros est ressorti proche de ses attentes. En revanche, il déplore de mauvais résultats dans leur ensemble, alors que le bénéfice avant taxes (le bénéfice courant) est ressorti en-dessous des attentes au sein de toutes les unités, une fois les exceptionnels exclus. "Dexia a en effet bénéficié d'un impact fiscal positif de 30 millions d'euros au cours du second semestre 2010, contre un impact négatif de 90 millions lors du trimestre précédent".
    Comme la banque Degroof, il souligne lui aussi la baisse du niveau de capitaux propres du groupe. "Le total des capitaux propres est passé de 5,63 milliards d'euros fin mars 2010 à 4,12 milliards à la fin du second trimestre", indique-t-il.

  • Chez KBC Securities, Dirk Peeters est moins négatif. Selon lui, la réduction des fonds propres de la banque est naturellement "un point négatif", mais il estime que ce problème "a commencé à être résolu depuis le 30 juin dernier".

  • Les analystes de Natixis indiquent que "le manque de visibilité sur l'impact du programme de cession des actifs gérés en run-off, dans les conditions de marché actuelles, et les pauvres perspectives dans la division Public Finance, constituent toujours des facteurs d'inquiétudes".
  • A la Deutsche Bank, les analystes pointent eux-aussi un résultat net en grande partie attribuable à un élément non récurrent de 119 millions d'euros, lié à des impôts différés. Or, le bénéfice courant (hors impôts) s'est établi à 236 millions d'euros, soit un chiffre 20% en-deçà des attentes de Deutsche Bank. Ils estiment en outre que la récente  progression du titre Dexia (plus de 22% par rapport aux autres banques européennes en un mois) contraste nettement avec ses faibles résultats au deuxième trimestre. "Dexia est la seule banque en Europe pour laquelle nous envisageons une baisse du chiffre d'affaires en 2011 et le deuxième trimestre a montré qu'elle est très sensible aux conditions de financement", concluent-ils.

 

 

 

 

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