Près de 11.000 emplois supprimés en moins de 10 ans dans nos banques

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Depuis la crise de 2008, l'emploi souffre dans l'ensemble du secteur bancaire. On fait le point sur les chiffres.

Ces dernières années, les annonces de réductions de l'emploi dans le secteur financier se sont multipliées. L'automne 2016 fut particulièrement sanglant: ING annonçait la suppression d'un emploi sur trois, emboîtant le pas aux 650 pertes d'emploi chez Axa Belgique.

Chez BNP Paribas Fortis, aucun grand plan de licenciements secs n'a jusqu'ici été annoncé, mais la banque fait régulièrement part de mesures pour réduire son effectif. Elles visent tantôt le personnel-cadre ou les salariés plus âgés, tantôt elles encouragent aux départs volontaires. La dernière en date énonce encore 2.500 suppressions d'emplois.

En 10 ans, plus de 4.460 emplois (ETP) ont disparu dans l'ex-Fortis. Il faut dire aussi que durant cette période, le groupe international qu'était Fortis a dû réduire la voilure en devenant la filiale locale d'un groupe battant pavillon français.

51.237
emplois
Le secteur bancaire comptait 51.237 emplois fin 2018. Fin 2009, ils étaient plus de 62.000.

Selon les chiffres provisoires de Febelfin, le secteur bancaire au sens strict (hors réseau indépendant, repris dans une autre commission paritaire) comptait 51.237 emplois à la fin 2018. Fin 2009, ce chiffre s'élevait à plus de 62.000.

Pourquoi ces pertes d'emploi?

Certes, le secteur a vécu la crise de 2008 de plein fouet, mais force est de constater que l'emploi était déjà sous pression auparavant. La crise a tout au plus accéléré le mouvement qui ne semble donc guère s'arrêter.

Les raisons évoquées sont multiples:

→ La faiblesse persistante des taux qui pèsent sur les marges.

→ Une régulation de plus en plus forte et donc de plus en plus coûteuse avec notamment en ligne de mire les taxes exigées par l'État belge aux acteurs bancaires. En 2016, Johan Thijs, CEO de KBC, évoquait le fait que ces taxes coûtaient 1.250 emplois au groupe.  

→ L'innovation et les changements d'habitude du consommateur sont aussi listés. Les banques oeuvrent à un basculement vers la digitalisation qui nécessite certes moins de personnes en agences et dans certains services de back-office. Le nombre d'agences "en brique" est donc aussi revu à la baisse. Les quelque 8.200 agences du pays répertoriées en 2008 se sont tassées à 5.133 fin 2018. Nous restons toutefois le deuxième pays d'Europe en termes d'agence par million d'habitants (555) derrière l'Espagne.  

→ Les banques ont aussi clamé l'importance de leur pyramide des âges. Elles comptent ainsi de nombreux "seniors".  

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