Près de 50 emplois menacés chez Deutsche Bank Belgique

©Dieter Telemans

Un conseil d'entreprise extraordinaire était organisé ce vendredi matin chez Deutsche Bank Belgique. À l'ordre du jour, une "rationalisation de la banque" qui se traduira notamment par la suppression, d'ici fin 2020, d'une quarantaine d'emplois sur les 633 que compte la banque.

Rendre la banque plus "agile" dans un degré croissant de digitalisation et un contexte de taux bas, c'est l'argument avancé ce vendredi par la direction de Deutsche Bank Belgique pour expliquer sa volonté de supprimer, d'ici la fin 2020, une quarantaine d'emplois sur les 633 de l'enseigne. Si des départs naturels sont envisagés, il devrait également y avoir des licenciements. 

Les syndicats évoquent 25 licenciements d'ici la fin de cette année et 22 d'ici la fin du 2e trimestre 2020. Une vingtaine de départs naturels, non remplacés, sont aussi anticipés d'ici la fin décembre.  

Les craintes étaient déjà palpables jeudi parmi les représentants du personnel. Alors qu'un changement de direction était annoncé, une invitation à un conseil d'entreprise extraordinaire, avec, à l'ordre du jour, la rationalisation de la banque, était lancée. Une concomitance qui surprenait... et qui surprend toujours!

Le degré de digitalisation dans la banque progresse de manière telle que Deutsche Bank a décidé d’ajuster sa structure pour être encore plus performante à ce niveau et réaliser les gains d’efficience exigés par un environnement persistant de taux très bas.
Deutsche Bank

Comme en Allemagne?

On sait que la maison-mère allemande a mis en place un plan de transformation qui passe par un vaste programme de réduction des coûts (6 milliards d'euros) et la suppression d'un poste sur cinq à l'horizon 2022. Jusqu'ici, la succursale belge se disait épargnée. La donne a-t-elle changé?

Pour le porte-parole de la banque belge, la réponse est clairement négative. Si les pertes d'emplois, liées aux plans allemands, sont le résultat d'un recentrage des activités par métier et par pays, en Belgique elles sont liées à la tendance générale du secteur: un métier de plus en plus technologique et de moins en moins "humain".

"Deutsche Bank Belgique est déjà l'une des banques les plus digitales en Belgique. Deux tiers de nos transactions d'investissements se passent online. Nous voulons juste aller plus loin, car la technologie le permet et nous voulons ainsi soutenir nos conseillers", explique Jean-Michel Segers, porte-parole.  

Ceci n'est pas une Loi Renault!

La nouvelle organisation devrait être définie pour la fin du mois de novembre. Une première réunion entre direction et syndicats est d'ores et déjà prévue la semaine prochaine. Malgré le fait que le nombre de pertes d'emplois anticipé n'entre pas dans le cadre de la Loi Renault, les syndicats ont obtenu de pouvoir négocier afin d'obtenir davantage que le minimum légal pour les salariés licenciés.  

L'emploi bancaire

Les annonces de pertes d'emplois se multiplient dans les banques. KBC a annoncé 1.400 suppressions de postes début septembre. Chez Belfius, 771 personnes sont appelées à partir à la retraite entre 2020 et 2025. Chez ING, un plan de suppression de 3.500 emplois a été lancé en 2016. Un poste sur trois est appelé à disparaître d'ici 2 ans chez BNP Paribas Fortis.

Ajoutez à cela les annonces du jour sur le rachat par Crelan d'Axa Banque et le fait qu'ING continue de sabrer dans son réseau d'agences. 


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