Réorganisation chez KBC, incertitude sur l'emploi

©Hollandse Hoogte / Peter Hilz

Un conseil d’entreprise extraordinaire est prévu ce matin chez KBC. Les syndicats craignent un plan de réduction des coûts. Des rumeurs circulaient sur cette éventualité depuis des mois.

Les quelque 14.000 salariés de KBC retiennent leur souffle. En mai dernier, la direction avait déjà annoncé une réorganisation du réseau avec notamment des agences transformées en sites totalement automatisés. À l’époque, il était question de "zéro impact sur l’emploi". Depuis, les rumeurs allaient bon train quant à la préparation d’un plan de réorganisation qui toucherait des milliers de personnes.

Lors de la présentation des résultats semestriels, le CEO Johan Thijs avait expliqué avoir demandé aux quarante top managers de l’entreprise de passer leur département à la loupe. Objectif: tenter d’arriver à davantage d’efficacité. L’usage des nouvelles technologies (intelligence artificielle ou robotisation) et le recours aux centres de services faisaient partie des points soulevés.

Ces dernières années, KBC a sous-traité bon nombre de fonctions "en interne" à ses filiales d’Europe orientale, notamment en République tchèque. Les cadres ont également été sollicités afin de fournir des idées pour perfectionner le service et optimiser la numérisation. Sur base des observations des managers, la direction de KBC a donc réfléchi à une nouvelle organisation. Jusqu’ici, elle restait silencieuse sur ce plan. "Nous communiquerons d’abord en interne après les vacances", nous disait-on. Viviane Huybrecht, la porte-parole du bancassureur, confirme que cette heure est venue mercredi.

 Le personnel et le Top 300 fixés

Un conseil d’entreprise extraordinaire est prévu ce mercredi matin. Une information est également prévue à l’attention du Top 300, à savoir les 300 plus importants managers du groupe.

L’innovation et la numérisation des services ont une incidence sur l’emploi.

De la même manière que chez les autres acteurs du secteur, l’innovation et la numérisation ont pour conséquence une transformation des structures et de l’emploi. De nouvelles fonctions émergent, tandis que d’autres sont amenées à disparaître. Certains jobs peuvent être assurés par le personnel existant, alors que cela n’est pas possible pour d’autres postes. "Nous ne pouvons pas conserver les travailleurs uniquement capables de remplir les tâches dont nous n’avons plus besoin, cela va sans dire", déclarait Johan Thijs le mois passé.

La banque a une nouvelle fois passé au crible son réseau d’agences. Plus tôt cette année, la direction indiquait que 65 d’entre elles seraient totalement automatisées à terme. Cette opération n’est pas censée avoir d’impact sur les collaborateurs, ceux-ci étant transférés en interne. C’est évidemment aussi le comportement du client qui détermine en partie les ajustements à effectuer. Selon les dernières données de KBC, 56% de sa clientèle belge utilise exclusivement les canaux digitaux pour interagir avec elle. À l’opposé, ils ne sont plus que 23% à effectuer toutes leurs opérations en agence.

Pas de scénario "à la ING"

Quel sera l’impact sur l’emploi? À la question de savoir si des milliers d’emplois étaient menacés, Johan Thijs répondait récemment que "de telles rumeurs n’étaient pas correctes".

A la question de savoir si des milliers d'emplois étaient menacés, Johan Thijs répondait récemment que "de telles rumeurs n'étaient pas correctes".

Dans le chef des syndicats, on tente de se rassurer en avançant qu’il est peu probable de voir chez KBC un scénario comme celui-d’ING où 3.500 postes ont été supprimés. Ils ont par ailleurs récemment entamé les discussions avec la direction sur une nouvelle garantie d’emploi.

KBC fait face aux mêmes défis que les autres enseignes bancaires: la digitalisation, la faiblesse des taux, la concurrence, etc. La digitalisation, qui appelle à une refonte du métier de banquier et à une adaptation des structures, a déjà poussé KBC à revoir son réseau.

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