Résultats en demi-teinte pour BNP Paribas Fortis

"Même si le contexte de marché a été moins porteur en Europe qu'au premier trimestre 2017, ces résultats sont en ligne avec la trajectoire du plan 2020 et l'atteinte de ses objectifs", rassure Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNPP. ©Photo News

Le groupe BNP Paribas annonce une baisse de son bénéfice net au premier trimestre, sous l'effet conjugué de dépenses exceptionnelles, de changes défavorables et d'un ralentissement sur les marchés. Une tendance identique est observée en Belgique ou l'activité reste toutefois en croissance.

Le navire BNP Paribas freiné par des vents contraires au premier trimestre. Le groupe bancaire accuse un recul de ses résultats avec des chiffres marqués par des effets de change défavorables et par un contexte de marché moins porteur qu'un an auparavant, en particulier dans les activités obligataires.

"C'est un bon trimestre, mais qui pâtit de la comparaison avec le premier trimestre de l'année dernière qui avait été exceptionnel" (Philippe Bordenave, le directeur général délégué du groupe)

1,6 milliard
d'euros
De janvier à mars, le bénéfice net s'est établi à 1,6 milliard d'euros contre 1,9 milliard sur la même période en 2017, soit une baisse de 17% sur un an

• Le résultat net part du groupe de BNP Paribas accuse un recul de 17,3% à 1,567 milliard d'euros (-3,8% hors exceptionnels et hors impact fiscal Ifric 211), le consensus s'établissant à 1,55 milliard.  À comparer avec le 1,9 milliard enregistré sur la même période en 2017: BNPP encaisse donc une baisse de 17% sur un an.
• Le produit net bancaire recule de 4,4% à 10,8 milliards d'euros, un chiffre légèrement inférieur aux attentes du marché (11 milliards d'euros visés par le consensus Reuters)
• Les revenus des activités de marché ont fondu de 14,6% à 1,5 milliard - en raison d'une base très élevée au 1er trimestre 2017 mais aussi de la faible activité sur l'obligataire et les changes (-31,4%) liée à l'environnement des taux bas
• L'activité de banque de détail affiche en revanche une légère croissance (+0,4%).

©Document BNP Paribas

"Même si le contexte de marché a été moins porteur en Europe qu'au premier trimestre 2017, ces résultats sont en ligne avec la trajectoire du plan 2020 et l'atteinte de ses objectifs" (Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général)

En ce qui concerne les changes, la banque n'est pas un cas isolé. Sa rivale Société Générale ou l'assureur Axa font également les frais au premier trimestre d'un renchérissement de l'euro face aux autres devises, qui réduit mécaniquement par conversion la taille du chiffre d'affaires réalisé à l'étranger.

Quant à la situation sur les marchés, le groupe a notamment essuyé une baisse marquée de ses recettes tirées du négoce de produits à taux fixes, des devises et des matières premières en Europe, après un regain de volatilité en milieu de trimestre qui a davantage profité aux actions.

Une conjonction de vents contraires...

Sur les marchés, la banque a notamment essuyé une baisse marquée de ses recettes tirées du négoce de produits à taux fixes, des devises et des matières premières en Europe, après un regain de volatilité en milieu de trimestre qui a davantage profité aux actions.
A ces vents contraires externes se sont ajoutés d'autres facteurs de frein, internes cette fois: des charges exceptionnelles d'ordre divers, une hausse des dépenses de transformation et des coûts de restructuration des acquisitions.

 

Résultats en demi-teinte pour la Belgique, plombés par les taxes

En Belgique, la banque de détail poursuit une activité qualifiée de soutenue. L'activité crédit enregistre une hausse de 5%, particulièrement tirée par les crédits aux entreprises et les crédits immobiliers.
Les dépôts augmentent de 4,8% grâce entre autres aux dépôts à vue.  Faible progression par contre pour l'épargne hors-bilan: +0,6%.

BNP Paribas Fortis affiche donc un produit net bancaire de 934 millions d'euros (+0,3%) avec des revenus d'intérêts stables (+0,4%). "La croissance des volumes est presque complètement compensée par l’impact de l’environnement de taux bas."
Le résultat brut d'exploitation ressort en recul de 9% à 99 millions d'euros. La banque pointe du doigt l'impact des normes IFRIC 21 (taxes prélevées par une autorité publique). Hors ce prélèvement, le résultat progresse de 2,6%.  

Après attribution d’un tiers du résultat des pôles banque privée et wealth management, le résultat avant impôt chute de 17,9% à 79 millions d’euros. Il progresse de 0,7% hors IFRIC 21.

On retiendra encore 835 millions de frais de gestion (+1,5%).

©Document BNP Paribas

Cap 2020 maintenu

Fin 2016, le groupe BNP Paribas s'est lancé dans un nouveau plan stratégique pour l'horizon 2020. Il prévoit jusqu'à trois milliards d'euros d'investissements, de la formation des collaborateurs à l'automatisation des procédures internes, en passant par le développement de nouveaux outils numériques.

Le groupe entend se mettre en ordre de bataille pour affronter les nouveaux concurrents venus du numérique, s'adapter aux besoins de clients toujours moins enclins à se rendre en agence, ou encore profiter de la révolution des services bancaires sur mobiles.

Ce programme passe aussi par des réductions drastiques des dépenses: 175 millions d'euros d'économies de coûts ont ainsi été réalisées ce trimestre, soit 709 millions d'euros depuis le lancement du programme début 2017.

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