Sale temps pour les banques

Les actions des banques françaises sont malmenées en Bourse ce mardi. En cause, un abaissement de notation pour BNP Paribas et une révision à la hausse de provisions pour pertes de crédits sur une filiale grecque pour Crédit Agricole. Le secteur bancaire européen recule dans son ensemble, plombé par ces mauvaises nouvelles mais également par des prises de bénéfice.

Le secteur bancaire européen repart nettement à la baisse ce mardi. Il affiche le plus fort recul au sein du DJ Stoxx 600. Vers 13h, il perdait un peu moins de 2%, dans un marché qui peine à maintenir le cap après neuf séances consécutives de hausse.

Sur ces neuf dernières séances, le secteur bancaire européen a bondi de plus de 11%, ce qui explique que le compartiment est aujourd'hui affecté par les prises de bénéfices, à l'image des autres secteurs. Par ailleurs, le ministre britannique des Finances George Osborne a annoncé l'instauration d'une taxe sur les actifs des banques opérant au Royaume-Uni. Il a ajouté que la France et l'Allemagne soutenaient cette mesure, s'apprêtant à s'y associer. Il est prévu de fixer le taux de cette taxe à 0,07%, puis de l'abaisser à 0,04% en 2011.

Mais les bancaires européennes souffrent également des mauvaises nouvelles en provenance des banques françaises.

En effet, Crédit agricole accuse aujourd'hui la plus forte baisse du CAC 40 et dévisse de plus de 5%. La banque a revu à la hausse sa prévision de pertes sur le crédit de sa filiale grecque Emporiki, fragilisée par la récession économique qui frappe la Grèce. Le groupe s'attend à 450 millions d'euros de provisions supplémentaires pour pertes sur la période 2010-2013. Le titre a cédé plus de 22% depuis le 1er janvier.

BNP Paribas recule d'un peu moins de 5%, au lendemain de la dégradation de sa note par l'agence de notation Fitch, de "AA" à "AA-", avec une perspective stable. Fitch insiste en particulier sur le fait que les activités de marché contribuent encore grandement à la rentabilité de la banque, et ce dans un environnement de plus en plus délicat.

Le directeur général de BNP Paribas, Baudouin Prot, a tenu à défendre son groupe. Il a rappelé que BNP Paribas restait l'une des cinq à dix banques les mieux notées au monde, et qu'elle bénéficiait toujours d'une notation "AA" chez Standard and Poor's et "Aa2" chez Moody's, les deux autres agences de notation majeures.

Dans la foulée de ces annonces, les analystes de Citigroup ont réduit leurs objectifs de cours sur plusieurs banques françaises :

  • BNP Paribas réduit à 60 euros contre 65 euros auparavant, recommandation "acheter" inchangée,

 

  • Crédit agricole réduit à 10,50 euros contre 12 euros auparavant, recommandation "conserver" inchangée,

 

  • Dexia réduit à 3,10 euros contre 3,50 euros auparavant, recommandation "vendre" inchangée, le titre recule de près de 3%.

 

A Bruxelles, les valeurs bancaires étaient entraînées dans le sillage de leurs collègues parisiennes. Dexia affichait la plus forte baisse, suivie par KBC qui lâchait plus de 2%. Le groupe d'assurances Ageas perdait un peu plus de 1%.

Le secteur européen des assurances est, lui, entraîné par la chute d'Aegon à Amsterdam, qui reculait de près de 3%. Le groupe envisage de vendre la division réassurance de sa filiale Transamerica aux Etats-Unis, pour se concentrer sur l'assurance-vie, les retraites et les services de gestion d'actifs, et il a annoncé également mardi réduire ses activités en Grande-Bretagne. AXA perdait 2%.

 

 

 

 

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