Stupéfaction face à la clémence de la justice vis-à-vis d'ING

©ANP

La stupéfaction reste de mise aux Pays-Bas suite à la quasi impunité de la banque pour des affaires de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme.

Que ce soit au niveau politique ou dans l’opinion publique, ING essuie une tempête qui n’en finit pas de faire des remous aux Pays-Bas. Alors que le royaume dispose d’un système disciplinaire unique au monde pour les banques prévoyant de lourdes sanctions en cas d’infractions aux règles éthiques, la stupéfaction reste de mise suite à la quasi-impunité dont a récemment bénéficié ING.

Comment la première banque des Pays-Bas a-t-elle pu échapper aux fourches caudines de la justice en réglant à l’amiable des litiges liés à des affaires de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme sans autres conséquences?

"La banque a pu réaliser 100 millions d’euros de bénéfices supplémentaires par an entre 2010 et 2016.", fondation de défense des actionnaires Sobi

Certes, la banque va devoir régler 775 millions d’euros d’amendes pour s’affranchir, mais le compte n’y est pas pour nombre d’observateurs. La démission inopinée du directeur financier, Koos Timmermans, annoncée ce mardi, est loin d’avoir calmé les esprits.

Pour l’association des petits porteurs VEB, il n’est qu’un bouc émissaire qui paye les pots cassés. De même, les mesures prises contre dix salariés allant de retenues sur leur prime jusqu’au licenciement de certains, ne sont pas en rapport avec la gravité des faits dont s’est rendu coupable l’un des établissements financiers les plus en vue du royaume.

Détrôner ING de son rôle de banquier attitré de l’Etat

Pour les parlementaires néerlandais, il va falloir examiner les conséquences de cette affaire au-delà de la sanction pécuniaire. Intervenu en fin de semaine dernière, le rappel à l’ordre du président du conseil de surveillance d’ING par le ministre des Finances, a eu l’effet d’un emplâtre sur une jambe de bois pour une bonne partie de l’opposition. La chambre a décidé de débattre sur cette question dans les prochains jours

De fait, plusieurs partis appellent à une sanction aux effets plus immédiats qui consisterait à détrôner ING de son rôle de banquier privilégié des pouvoirs publics. Etant le banquier attitré de l’Etat néerlandais, la banque règle en son nom quelque 40 millions de transactions par an. Cette position dont l’établissement financier bénéficie aussi auprès de la mairie d’Amsterdam, est aussi sur la tangente.

Au-delà, les Pays-Bas s’indignent que les hauts dirigeants d’ING sortent indemnes de cette affaire malgré la gravité des faits.

Ralph Hamers, le CEO d'ING ©BELGAIMAGE

La fondation de défense des actionnaires Sobi vient ainsi d’adresser un courrier à la cour d’Amsterdam lui demandant de poursuivre personnellement le CEO d’ING, Ralph Hamers (photo), considéré comme "le cadre dirigeant ayant de fait permis à ING d’effectuer les comportements illégaux reprochés". "La banque a ainsi pu réaliser 100 millions d’euros de bénéfices supplémentaires par an entre 2010 et 2016", prétend cette fondation dans son courrier.

Soutien de l’ensemble des citoyens

Montant aussi au créneau, deux avocats, Hester Bais et Maartje van der Beek, ainsi que le chercheur Lex van Teeffelen de l’université d’Utrecht, exigent pour leur part des sanctions disciplinaires à l’égard des cadres et des hauts dirigeants d’ING. Ils appellent l’ensemble des citoyens à soutenir leur action sur un site internet afin d’exprimer leur mécontentement sur l’impunité générale dont ont bénéficié les personnes au plus haut niveau de la hiérarchie d’ING dans ces affaires relevant du droit pénal.

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