UBS admet ses erreurs

UBS reconnaît ses fautes dans le cadre de la crise financière. Bonus exagérés, manque de planification stratégique et focalisation sur l'évasion fiscale avaient contribué à plonger la banque helvétique dans un gouffre financier.

La banque suisse UBS, qui avait plongé durant la crise financière, a fait son mea culpa en publiant un rapport sur cette période dans lequel elle reconnaît avoir commis des erreurs dans de nombreux domaines, y compris dans les bonus encourageant la prise de risque.

"Le manque de planification systématique de la stratégie de croissance de la banque d'affaires a fortement contribué aux grandes pertes subies par la banque", a reconnu le premier établissement helvétique, qui s'est retrouvé en 2008 au bord de la faillite et n'a dû son salut qu'à l'aide concertée de la Confédération et de la banque centrale.

• Les bonus versés à ses dirigeants et salariés ont également été pointés du doigt dans ce rapport sans précédent, rédigé par des experts indépendants. "Les incitations de l'époque du système de rémunération à générer du chiffre d'affaires sans prendre suffisamment en compte les risques, ont encore encouragé cette stratégie (de prise de risque) et favorisé ainsi les pertes", a reconnu l'établissement zurichois, l'un des plus touchés au monde par la crise des subprimes dans laquelle elle avait investie massivement.

• Ce rapport n'épargne pas non plus le coeur de métier de la banque, la gestion de fortune, qui avait été largement axée sur l'évasion fiscale.

"Il manquait une analyse complète et continue du profil de risque en matière de conformité dans les activités de gestion de fortune avec les Etats-Unis", a estimé UBS.

Le secret bancaire écarté

Pour échapper à de graves poursuites judiciaires aux Etats-Unis, la banque a accepté de transférer aux autorités américaines les noms de quelque 4.450 clients soupçonnés d'évasion fiscale, contournant ainsi le secret bancaire.

"Ce qui s'est passé n'aurait jamais dû arriver", a admis le président Kaspar Villiger, nommé en avril 2009 en remplacement de Peter Kurer.

Selon Villiger, le souhait de la banque, qui tente depuis de redorer son image, est "ni d'embellir les erreurs de gestion du passé, ni de délivrer les personnalités en question de leur responsabilité", dans une allusion à peine voilée à  Kurer et son équipe.

L'établissement a cependant confirmé qu'il renonçait à porter plainte contre les anciens dirigeants, estimant "plus qu’incertaines les chances de succès" d'une action en justice.

"Ces procédures peuvent durer de nombreuses années, occasionnent des frais élevés pour la banque, véhiculent une publicité négative dans le monde entier et empêchent ainsi le rétablissement de la réputation d’UBS", a-t-elle estimé.

A la Bourse suisse, les investisseurs ont peu réagi à ces annonces.

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