portrait

Un onzième virage dans la longue carrière de Bruno Colmant

Bruno Colmant est coutumier des changements de direction dans sa carrière. En voilà un de plus.

Nouvelle étape dans la déjà riche carrière de Bruno Colmant, qui de responsable de la recherche économique chez Degroof Petercam en devient le grand patron. L’homme, qui a fêté cet été ses 58 ans, est un habitué du changement. Si l’on compte bien, il en est à son onzième virage important dans sa carrière. Celle-ci avait débuté en 1984 chez Arthur Andersen. Ensuite, la liste est longue: ING, le ministère des Finances, Ageas ou encore la Bourse de Bruxelles. Il est vrai que l’homme se sent parfois à l'étroit dans ses fonctions et s’est souvent remis en question. C’est presque sa marque de fabrique. "Je ne suis pas quelqu'un qui aurait pu être cadre au long cours dans une société", confiait-il à L'Echo.

Je ne suis pas quelqu'un qui aurait pu être cadre au long cours dans une société.
Bruno Colmant
CEO de Degroof Petercam

Ainsi, son départ en 2006 d'ING pour le cabinet du ministre des Finances en avait surpris plus d'un. En effet, un administrateur délégué d'une grande banque de la place qui fait le saut vers un cabinet politique, c’est plutôt rare. A l'époque, c'était même considéré comme téméraire, à quelques encablures des élections.

CV
  • Né le 24 juillet 1961
  • Il est docteur en économie appliquée et ingénieur commercial de la Solvay Business School (ULB), maître en sciences fiscales et titulaire d'un MBA de l'Université Purdue (Indiana, Etats-Unis)
  • Membre de l'Académie royale de Belgique
  • Avant de rejoindre Degroof Petercam en 2015, il était associé chez Roland Berger Strategy. Il a débuté sa carrière auprès du cabinet d'audit Arthur Andersen avant d'occuper des postes chez Sofina, Dewaay, ING, chef de cabinet du ministre des Finances Didier Reynders, CEO d'Euronext Belgique, deputy CEO d'Ageas
  • Il enseigne la finance dans plusieurs universités belges

 

 

Même s'il dit avoir apprécié cet intermède politique, il ne restera pas très longtemps auprès de Didier Reynders, plongeant dans le bain boursier en prenant la tête de la Bourse de Bruxelles à la place d’Olivier Lefebvre. Sa mission était d'intégrer Bruxelles dans la nouvelle entité NYSE Euronext, d'alléger les effectifs et tenter d’attirer les PME à la cote. Mais la grande crise de 2008 est passée par là. Le marché des introductions en Bourse s'est brusquement asséché. Une période difficile pour Colmant qui confiera à L’Echo qu’il a eu besoin ensuite de solitude et de paix pour réfléchir, avec à la clé un voyage à Saint-Jacques de Compostelle.

En 2009, c’est le passage chez Ageas (ex-Fortis Holding) où il sera "deputy CEO" chargé de gérer l’héritage des produits Fortis. Il n’y reste que deux ans, rejoignant le consultant Roland Berger en tant que "partner" tout en demeurant conseiller indépendant d’Ageas.

En 2015, nouveau petit coup de tonnerre dans la finance belge: il remplace l'économiste Etienne de Callataÿ chez Degroof Petercam. Il semble alors enfin avoir trouvé l’équilibre entre ses multiples activités: professeur de finance, auteur (il a publié une septantaine de livres!), chroniqueur, président du Belgian Finance Club et membre de l’Académie royale. Et on en passe. Comment peut-il combiner toutes ces activités? "Je ne dors que 5 à 6 heures par jour. Je n'ai pas la télévision. Cela laisse du temps."

Agitateur d’idées, il prend parfois des positions tranchées et controversées, critiquant ouvertement la politique de la Banque centrale européenne ou les politiques d’austérité de la Commission européenne. "L'économiste se doit d'être une sorte de vigie", explique-t-il. "Il doit être prêt à réaliser une grande traversée intellectuelle. C'est la voie que j'ai choisie, avec des penseurs économiques que j'apprécie, Adam Smith ou Karl Marx." Parfois, dit-il, l'économiste peut même être appelé à dresser des scénarios extrêmes. Pas sûr toutefois que, dans ces scénarios, son arrivée à la tête de Degroof Petercam avait été envisagée.  

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