Un tiers des agences AXA et Crelan à moins de 500 m l'une de l'autre

©Wim Kempenaers

La fusion entre les deux réseaux pose la question des éventuelles redondances.

Crelan a officialisé vendredi le rachat d’AXA Banque Belgique pour la somme de 540 millions d’euros. Si l’opération est approuvée par les autorités de contrôle, en principe au printemps prochain, elle donnera naissance à la cinquième banque du pays, derrière les quatre mastodontes du secteur (BNP Paribas Fortis, KBC, Belfius, ING). La question sur toutes les lèvres est celle de l’imposant réseau d’agences.

Ensemble, les deux institutions disposent de 1.141 bureaux, selon les données communiquées vendredi. Un chiffre qui n’a pas été actualisé avec les fermetures déjà intervenues dans le courant de l’année.

Plus d’expertise

Le nombre d’agences AXA est ainsi passé sous la barre des 500 (contre les 555 annoncées la semaine passée), après une cinquantaine de fermetures. "Nous parlons plutôt de fusions", tempère Lisa Pieters, porte-parole d’AXA Banque. "En concertation avec nos agents, nous transformons notre réseau pour mieux répondre aux besoins des clients. Ceux-ci demandent plus de conseils, c’est pourquoi nous évoluons vers des bureaux avec des experts en investissements et en crédits hypothécaires."

"Si deux agences tournent bien, il n’y a pas d’obligation de fusion."
Ortwin De Vliegher
Porte-parole de CRELAN

Crelan a aussi réduit son nombre d’agences: 29 fermetures ont eu lieu depuis le début d’année, ce qui porterait leur nombre à 557. Là aussi, le processus de rationalisation est déjà en marche. "Nous plaçons la barre plus haut. Chaque agence doit disposer d’un spécialiste en investissement et d’un spécialiste en crédit. Les agences où ce n’est pas le cas sont encouragées à se renforcer ou à fusionner", explique Ortwin De Vliegher, porte-parole de Crelan.

Actuellement, il n’existe pas de critère strict pour déterminer le maintien ou non d’une agence. "Il n’existe aucune obligation d’avoir un bureau avec au moins quatre personnes, ou une exclusive pour une agence par commune", poursuit Ortwin De Vliegher. "Si une commune dispose de deux agences et que celles-ci tournent bien et servent le client de manière adéquate, il n’y a pas de nécessité de fusionner."

"Il y aura inévitablement une rationalisation du réseau d’agences, demain ou après-demain".
Philippe Voisin
CEO de Crelan

Au total, le réseau cumulé des deux banques serait donc plus proche des 1.050 agences à l’heure actuelle. À titre de comparaison, BNP Paribas Fortis, qui est la première banque du royaume en termes de bilan, comptera 411 agences fin 2021. Alors qu’elle pèse six fois moins lourd, il semble inconcevable que Crelan garde son réseau en l’état.

Philippe Voisin, le CEO de Crelan, a été explicite quant à l’avenir de la structure vendredi: "il y aura inévitablement une rationalisation du réseau d’agences, demain ou après-demain".

La proximité géographique des agences pose question. Selon les données calculées par L’Echo, 29,53% des agences AXA ou Crelan se trouvent à moins de 500 mètres d’une autre agence du (futur) même réseau. 44,93% se situent à moins d’un kilomètre de leurs collègues, et la moitié des agences ont un vis-à-vis à moins d’1,3 kilomètre. La distance moyenne entre les bureaux correspond à 1,9 kilomètre.

©Mediafin

Dans un mouchoir

L’exemple le plus criant se trouve à Rocourt. Dans la rue François-Lefèbvre, l’agence Crelan n’est séparée de celle d’AXA que par le bureau de poste. À Grammont, les deux agences sont situées l’une en face de l’autre sur la place de la Gare. À Moerkerke et à Deinze, AXA et Crelan sont pour ainsi dire voisines.

"Je suis tout à fait serein, nous sommes maintenant habitués aux rationalisations."
Luc Delahaut
Gérant d'une agence Crelan

À Paliseul aussi, les bureaux des deux établissements se tutoient sur la Grand-Place. Mais pas de quoi inquiéter le gérant de l’agence Crelan, Luc Delahaut. "Je suis tout à fait serein, nous sommes maintenant habitués aux rationalisations", explique-t-il, en faisant référence à la naissance de Crelan en 2013 après l’absorption de Centea par le Crédit Agricole. Selon lui, la direction a procédé de manière pondérée et transparente dans le passé, et il n’y a pas de raison que cela soit différent cette fois-ci. "Personnellement, je suis partisan de cette opération. Je préfère me retrouver sur un bateau qui avance, plutôt que sur un bateau qui coule." Il ajoute cependant que la question des agences est plus brûlante en Flandre qu’en Wallonie, où le réseau d’agences est beaucoup moins dense.

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