Une taxe Tobin menacerait Dexia

Johan Bohets, secrétaire général et Karel De Boeck, CEO de Dexia (©afp) ©AFP

Les dirigeants de Dexia ont donné plus de détails sur les projections à long terme du groupe lors de l’assemblée générale. Mais ils soulignent qu’ils dépendent d’événements extérieurs, comme l’évolution des taux, la crise des dettes souveraines ou l’introduction de la taxe Tobin, ont-ils averti.

Si la taxe Tobin sur les transactions financières était introduite, elle aurait coûté à Dexia 574 millions d’euros l’an dernier. "Nous ne pourrions pas absorber cela. Et comme Dexia va être davantage actif sur les marchés financiers, cela aurait plutôt un impact de 700 millions d’euros, voire plus", a estimé Robert de Metz, le président du conseil d’administration de Dexia, en marge de l’assemblée générale, lors d’une rencontre avec la presse. Il s’est toutefois voulu rassurant, soulignant que cette taxe ne devrait pas être adoptée dans sa configuration actuelle.

Les dirigeants de Dexia ont donné d’autres précisions sur l’évolution du groupe à long terme. On savait que Dexia n’espérait pas un retour à l’équilibre avant 2018, et tablait sur une perte de 950 millions d’euros. Un chiffre qui reste d’actualité, a précisé Karel De  Boeck, le CEO de Dexia, malgré la perte nette de 329 millions d’euros enregistrée par le groupe au premier trimestre de cette année. Mais dans les graphiques projetés par le groupe, on a découvert qu’il s’attendait encore à une perte importante en 2014, qui n’était pas chiffrée dans la présentation, mais qui devrait tourner autour des 400 millions, et que 2015 et 2016 devraient être nettement dans le rouge, à hauteur d'au moins 100 millions d'euros, peut-on estimer.

La solvabilité de Dexia devrait aussi fortement se détériorer en 2013, pour atteindre un point bas en 2015, à 12,4%. Cela reste supérieur au minium de 8% exigé, mais ce n’est qu’ensuite que Dexia parviendra à remonter la pente. Le patron de Dexia a, une nouvelle fois, refusé d’exclure le besoin d’une nouvelle recapitalisation du groupe, vu les incertitudes sur l’environnement macro-économique ou les conditions de financement du groupe. "Notre plan est robuste, mais très incertain", a résumé Karel De Boeck. Il a toutefois souligné l’immense travail déjà accompli, avec entre autres la réduction du bilan de 91 milliards d’euros depuis la fin 2012 grâce à la vente d’une partie de DCL à la France. "Vous devez vous rassurer : nous travaillons très durement pour résoudre ce dossier extrêmement complexe ".

 

A savoir

Le groupe Dexia clôture le premier trimestre sur une perte nette part du groupe de 329 millions d'euros. La perte nette générée par les activités poursuivies est de 197 millions d'euros et celle liée aux activités abandonnées de 133 millions d'euros, alors que le résultat des intérêts minoritaires s’élève à 0,4 million d'euros.

"Lors du 1er trimestre 2013, le groupe Dexia a activement poursuivi la mise en oeuvre de son plan révisé de résolution ordonnée", explique le groupe. La convention de garantie de financement octroyée par les états français, belges et luxembourgeois pour un montant de 85 milliards d'euros a été signée en janvier. En France, le dossier de scission de DCL a été finalisé et la Société de Financement Local créée. Et le groupe a poursuivi ses objectifs de gestion en extinction. Au cours de ce trimestre, le bilan a été réduit de 25% et la solvabilité renforcée par rapport à fin décembre 2012.

Enfin durant les trois premiers mois de l'année, Dexia n'a pas fait appel aux lignes de liquidité d'urgence (ELA). Fin mars 2013, le recours aux financements garantis et au financement des banques centrales représentait environ de 53% de la structure de financement du Groupe.

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