UniCredit: Ghizzoni sur les pas de Profumo

Federico Ghizzoni, le nouveau patron d'UniCredit

Federico Ghizzoni, fraîchement nommé à la tête d'UniCrédit, a confirmé que le groupe continuerait la stratégie tenue par son prédécesseur. Il faudra sans doute attendre la fin de l'année avant que le nouveau patron de la première banque italienne ne présente en détails son plan stratégique au conseil d'administration et au marché.

"Nous confirmons notre forte présence sur le marché italien (...) et la forte présence dans les vingt-deux pays dans lesquels nous sommes", a déclaré le nouveau patron lors d'une conférence de presse alors que l'éviction d'Alessandro Profumo a suscité des interrogations sur la future stratégie. M. Ghizzoni, qui a été nommé jeudi à la tête du groupe, a indiqué qu'il présenterait son plan stratégique au conseil d'administration "avant la fin de l'année" et le dévoilerait ensuite au marché. "Alessandro Profumo a construit ce groupe (...) Je suis différent d'Alessandro mais je pense que nous devons continuer ce qui a été fait et je veux me concentrer beaucoup sur le groupe pour porter les grands projets que nous avons en cours", a-t-il ajouté.

Le président du groupe, Dieter Rampl, a souligné de son côté que la nomination de M. Ghizzoni était "la plus forte garantie de continuité" et permettrait "d'assurer une transition en douceur". En Europe centrale et orientale, "l'intention est de continuer à croître, à consolider notre présence", a poursuivi M. Ghizzoni, qui occupait jusqu'à sa nomination le poste de vice-directeur général chargé de cette zone stratégique pour le groupe. Il a toutefois souligné que la banque pourrait "légèrement" changer de cap en se concentrant sur les plus grands pays de cette zone (Pologne, Turquie ou Russie) et "redessiner" sa présence dans les autres en se focalisant sur les activités marchant le mieux.

En termes d'acquisitions, le nouveau patron a indiqué qu'il n'en avait pas en vue mais sans toutefois l'exclure pour l'avenir. M. Ghizzoni s'est dit en outre "confiant" au niveau des performances financières du groupe, dont le bénéfice net a chuté de 69,7% au deuxième trimestre, et a assuré qu'il n'y avait pas de dépréciations en vue.
Il a indiqué enfin qu'il se pencherait dès la semaine prochaine sur la nomination d'un ou de deux directeurs généraux et que le choix se ferait en priorité en interne parmi les autres vice-directeurs généraux actuels. Les actionnaires ont réclamé cette modification de la gouvernance afin d'éviter une trop grande concentration des pouvoirs.

Patron d'UniCredit depuis 1997, Alessandro Profumo, qui a fait du groupe la plus grande banque d'Italie et l'une des plus importantes de la zone euro, a été poussé à la démission la semaine dernière après une crise provoquée par la montée de la Libye au capital. Mais la Libye n'a été que la goutte faisant déborder le vase, les relations étant déjà tendues entre M. Profumo et des actionnaires critiques à l'égard de sa trop grande volonté d'autonomie et des performances financières. Interrogé sur les raisons profondes du départ de M. Profumo, Dieter Rampl a botté en touche en soulignant que c'"était le jour de M. Ghizzoni" et que cela n'était pas le moment de parler du passé. A la Bourse de Milan, après avoir ouvert en hausse, UniCredit cédait 0,96% à 1,855 euro sur un marché en hausse de 0,12% vers 13H50 GMT.

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