Vers une garantie provisoire pour Dexia

L'accord conclu le 9 octobre à Bruxelles par François Fillon et Didier Reynders n'est toujours pas finalisé. © Bruno Fahy

Les négociations pour finaliser la garantie des Etats (Belgique, France et Luxembourg) traînent. Dans l’attente d’une solution définitive, des garanties temporaires pourraient donc être mises mises en place, comme en 2008.

La Belgique, la France et le Grand-Duché du Luxembourg planchent toujours sur une solution pour permettre au holding Dexia de se financer. Le 9 octobre, les trois États s’étaient mis d’accord pour apporter leur signature aux financements de Dexia jusqu’à 90 milliards d’euros, dont 60,5 % à charge de la Belgique, 36,5 % de la France et 3 % du Luxembourg.

Mais comme nous l’évoquions samedi, les négociations pour finaliser cette garantie, qui impliquent la Commission européenne, traînent. Et sans ces garanties, Dexia est obligé de recourir aux crédits d’urgence des banques centrales, les ELA.

"De Standaard" affirmait ce mardi que le plan de sauvetage de Dexia n’était pas réalisable, notamment parce que les nouvelles dettes de Dexia garanties par la Belgique entreraient en concurrence directe avec les obligations de l’État belge même. Toujours selon le quotidien flamand, la Belgique aurait demandé à la France de renégocier l’accord, et notamment la répartition de la garantie.

Le ministre des Finances Didier Reynders dément. Il confirme que les trois pays négocient avec la Commission, mais affirme qu’aucun de ces pays ne remet en cause l’accord intervenu. "Nous attendons de voir si la Commission européenne a des remarques ou demande des aménagements", a-t-il déclaré. Même son de cloche chez le ministre français des Finances, qui affirme que la Belgique n’a pas demandé à renégocier les termes financiers du démantèlement de Dexia.

Le titre Dexia a plongé à nouveau en Bourse hier, d’autant que Vincent Van Dessel, président d’Euronext Bruxelles, a confirmé qu’il pourrait quitter le BEL20 lors de la prochaine révision de l’indice, en mars prochain - ce qui pourrait encore peser sur le titre.

Pas assez d’infos de Dexia

En réalité, selon nos informations, les États sont toujours en attente d’informations de la part de Dexia, qui tardent à arriver, concernant en particulier un échéancier précis de ses besoins de financement ainsi qu’un "business plan" plus détaillé, et solide.

Mais le recours aux ELA est particulièrement coûteux pour Dexia S.A., déjà en posture financière fragile.

40 milliards temporaires

Dans l’attente d’une solution définitive, une proposition de garanties temporaires serait dès lors sur la table. Ces garanties seraient accordées pour 3 à 6 mois, pour un montant total de 40 milliards maximum, et pourraient recevoir un feu vert européen dans un délai plus raisonnable.

Elles devraient permettre à Dexia de ne plus recourir aux crédits d’urgence des banques centrales. Ses besoins seraient en effet limités pour l’instant à une quarantaine de milliards les 90 milliards de garanties ayant été prévus pour couvrir un pic dans ses besoins de financement, qui ne surviendra qu’en 2014. Et cela permettrait de gagner du temps pour chercher une solution définitive solide.

La clé de répartition serait identique à celle convenue en octobre. Cela signifie que Dexia mettrait sur le marché, dans les prochains mois, quelque 24 milliards d’euros de papiers portant la signature de la Belgique, un montant qui viendrait s’ajouter aux émissions obligataires de l’État belge, mais que les marchés pourraient absorber, jugent certains spécialistes.

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