analyse

Visa rachète la plateforme bancaire Tink pour 1,8 milliard d'euros

Visa rachète Tink en cash sans impact sur sa politique de dividende. ©REUTERS

Le géant américain des cartes bancaires Visa vient de conclure un accord en vue d'acquérir la plateforme d'Open banking suédoise Tink.

Visa s'offre la fintech suédoise Tink pour 1,8 milliard d'euros. "Visa s'engage à faire tout son possible pour favoriser l'innovation et accompagner les consommateurs dans un environnement d'architecture bancaire ouverte." Les propos du CEO de Visa, Al Kelly, résument l'engouement actuel des acteurs "traditionnels" pour les fintechs.

Mastercard expliquait aussi, ce jeudi, son rôle auprès de fintechs, déclarant vouloir être "une référence dans un écosystème marqué par l’émergence continue de nouvelles solutions de paiement". Il a ainsi développé "deux programmes facilitant le lancement et l’expansion des fintechs émergentes".

En Belgique, Mastercard est notamment partenaire de Rise, la néobanque orientée vers l'éducation financière des 10-18 ans. Lancée en septembre, elle est active depuis la plateforme bancaire de Treezor, filiale de Société Générale.

Une nouvelle réglementation

Ces partenariats ne cessent de se déployer. Concrètement, les nouveaux entrants profitent de l'expertise et de l'infrastructure des acteurs traditionnels ou de sociétés dédiées au "Bank as a service" (BaaS), comme Treezor, pour se développer. Le BaaS fournit des services bancaires et l'intégralité de la chaîne des paiements à des tiers.

250 millions
de clients
Tink a développé sa propre plateforme bancaire ouverte qui relie 250 millions de clients et plus de 3.400 institutions financières et Fintech, dont 300 en Europe.

À cela s'ajoute la réglementation sur l’"open banking", née de l’entrée en vigueur de la directive européenne relative aux services de paiement (DPS2) en janvier 2018. Elle modifie le paysage bancaire et les services financiers en ouvrant la voie au partage des données avec l'assentiment des clients. C'est ainsi qu'une app d'une banque permet désormais de pouvoir gérer via une même interface les comptes dans des banques tierces.

Une combinaison "avantageuse"

Dans le cas de Visa et Tink, l'avantage semble partagé. Tink, fondée par Daniel Kjellén et Fredrik Hedberg, est née comme une simple app. Depuis près de 10 ans, elle a développé sa propre plateforme bancaire ouverte qui relie 250 millions de clients et plus de 3.400 institutions financières et Fintech, dont 300 en Europe. C'est ainsi que l'app de BNP Paribas Fortis qui permet la gestion des comptes de banques tiers a été développée avec Tink.

L'acquisition de Tink permettra à Visa de toucher ces institutions et leurs clients.

La combinaison de l'infrastructure de Visa et de la technologie de Tink devrait permettre aux consommateurs un meilleur contrôle de la gestion de leur argent, des données financières et des objectifs financiers, lit-on dans un communiqué.

Tink après la page Plaid

Le groupe américain a précisé que l'opération s'effectuerait en cash et n'aurait aucun impact sur son programme de rachats d'actions ou sa politique de dividendes. Tink gardera sa marque, son équipe de direction et son siège à Stockholm.

À l'automne dernier, Visa avait dû renoncer à acquérir la fintech Plaid pour 5,3 milliards de dollars (4,4 milliards d'euros). L'accord noué en janvier 2020 s'était heurté à l’inquiétude de la justice américaine quant à une possible entrave à la concurrence dans le segment du paiement. Comme Tink, Plaid avait mis au point une plateforme permettant aux développeurs d'accéder au réseau financier mondial.

Des observateurs s'accordent déjà pour dire que les problèmes rencontrés par Visa avec Plaid pourraient aussi être observés avec Tink.

Al Kelly affirmait avoir les moyens de convaincre la justice de la complémentarité des deux sociétés, mais face à un litige qui s'annonçait long et complexe, il a préféré jeter l'éponge.

Dans le cas de l'acquisition de Tink, c'est des autorités européennes que devra venir le feu vert. Elles devront analyser les éventuels problèmes de concurrence. Des observateurs s'accordent déjà pour dire que les problèmes rencontrés par Visa avec Plaid pourraient aussi être observés avec Tink.

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