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WeChat, le modèle de la banque de demain?

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Avec l'émergence du mobile banking et l'arrivée sur le marché de nouveaux acteurs, le secteur bancaire est appelé à se réinventer au cours des prochaines années, selon une étude de BCG. Ce sont les choix du client qui détermineront les gagnants.

Mobile, rapide, sur mesure et simple d'emploi: la banque du futur tiendra (évidemment) dans votre poche. Selon une étude réalisée par Boston Consulting Group (BCG), les clients ont de nouvelles valeurs et priorités. Finie la banque de papa dans laquelle on reste par tradition familiale. Plus de la moitié des personnes interrogées affirment vouloir se lier avec une marque qui leur correspond et qui représente leurs valeurs.

Les Millennials (personnes nées entre 1981 et 1996) sont 72% à déclarer qu'ils préfèrent réaliser l'entièreté de leur shopping en ligne. Une tendance vers le tout numérique qui se traduit également dans le rapport des Belges à leur banque: 63% indiquent utiliser quasi exclusivement les canaux mobiles ou en ligne dans leur relation avec leur banque, tandis que 7% effectuent toutes leurs opérations en agence. 

Transformation fulgurante

Une révolution, alors que les plus grosses enseignes du royaume disposaient chacune d'un millier de bureaux il y a une douzaine d'années. En une décennie, le secteur bancaire a sans doute plus évolué qu'au cours des trente ans précédents. 

"Le modèle traditionnel, c'était la banque qui développait tout en interne: l'infrastructure IT, les agences, les services mobiles, les produits de crédit et d'assurance", explique Peter Adams, managing director de BCG en Belgique. 

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Quelque 63% des Belges utilisent quasi exclusivement les canaux mobiles ou en ligne dans leur relation avec leur banque.

"Aujourd'hui, la compétition se joue à chaque étape de la chaîne de valeur. Avec l'ère de l'open banking, il est possible de partager les produits des autres." Un des meilleurs exemples au niveau mondial est l'application de messagerie mobile WeChat. En 2018, parmi les clients de moins de 25 ans, le géant chinois comptait trois fois plus d'utilisateurs pour sa solution de paiement que la somme des détenteurs de cartes de crédit des cinq plus grandes banques commerciales de l'Empire du Milieu.

La néobanque Monzo constitue une autre illustration. Celle-ci a atteint le million de nouveaux clients en moyenne trois fois et demie plus rapidement que ses concurrentes traditionnelles disposant d'un réseau d'agences. 

Les gros acteurs belges relativement à l'abri

En Belgique, les néobanques n'atteignent pas un haut niveau de pénétration. Alors que Revolut revendique dix millions de clients dans le monde, elle en compte à peine 100.000 dans le royaume, où quatre institutions (Belfius, BNPPFortis, ING et KBC) écrasent le marché. 

"Les banques belges ont été protégées par la taille restreinte du marché et ont pu acheter du temps."
Peter Adams
Managing director BCG

"Les grandes banques belges ne sont pas plus loin en termes de transformation que leurs homologues étrangères", estime Peter Adams. "Elles ont été protégées par la taille restreinte du marché et ont pu acheter du temps." Les néobanques ont préféré s'attaquer à des plus gros pays pour jouer sur l'effet de volume.

BCG a formulé trois scénarios pour le futur à moyen terme du secteur. Dans le premier, les banques établies demeurent dominantes, les nouveaux arrivants ne changeant pas radicalement la donne.

Dans une autre hypothèse, la consolidation s'accentue, avec des fusions et disparitions d'établissements et l'émergence de nouveaux acteurs prenant une part croissante des revenus.

Selon le dernier scénario, les banques s'éteignent progressivement au profit des écosystèmes tels WeChat. Un scénario qui pourrait concerner les autres géants technologiques si ceux-ci affichaient des velléités plus marquées dans le secteur financier.

Pour la Belgique, c'est plutôt le premier cas de figure qui s'esquisse, avec un "Big Four" qui demeure solidement en place, selon Peter Adams. "Mais en fin de compte, ce sera toujours le client qui décidera."

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