Worldine intéressé par le projet de paiement des banques européennes

©BELGA

Le patron de Worldline est optimiste quant à la mise sur pied rapide d'un nouveau système de paiement européen. Ce ne sera pourtant pas une sinécure sur un marché ultraconcurrentiel dominé par les acteurs américains.

Le spécialiste français du paiement électronique Worldline aura les moyens d'aider les banques européennes à déployer "très très vite" un système de paiement européen de type Visa s'il réussit son projet de fusion avec son concurrent Ingenico, a estimé vendredi son directeur général Gilles Grapinet.

7,8 milliards
d'euros
Worldline formule une offre publique d'échange amicale sur son concurrent Ingenico d'une valeur de 7,8 milliards d'euros.

Worldline vient de lancer une offre publique d'échange amicale d'un montant de 7,8 milliards d'euros sur Ingenico (81% en actions et à 19% en numéraire), qui doit permettre de créer le numéro 4 mondial des paiements électronique (fourniture aux banques et aux commerçants des outils techniques pour des paiements par carte bancaire et en ligne). "À la taille qu'on va avoir avec Ingenico, nous pourrons être un des acteurs qui va faire" que le projet de système de paiement européen rival de systèmes américains comme Visa et Mastercard "soit déployé très très vite", a déclaré M. Grapinet sur BFM Business.

Vingt banques européennes, soutenues par la BCE, planchent en coulisses sur ce sujet des paiements électronique devenu stratégique avec la montée des tensions politico-commerciales dans le monde. La Banque centrale européenne encourage ce projet, alors que montent en puissance également les systèmes de paiement chinois.

Paiement du XXIe siècle

Selon Gilles Grapinet, un éventuel système européen de paiement numérique doit être une occasion "d'inventer un système pensé pour le XXIème siècle". "On voit bien qu'aujourd'hui notre moyen de paiement doit nous accompagner sur le web, sur le téléphone mobile, et peut-être faire des services à plus forte valeur ajoutée que juste le paiement", a-t-il expliqué.

Le moyen de paiement du futur pourrait permettre "d'aider à gérer notre fidélité avec certains commerçants" ou "permettre aussi si on le souhaite d'avoir des données qu'on puisse capturer derrière le paiement", a-t-il ajouté."Le cash va disparaître sans doute de nos économies, mais ça mettra sans doute une ou deux générations", a-t-il encore estimé.

Avec la fusion Worldine Ingenico, "on installe dans le top 5 (mondial) une société européenne qui va aussi se battre avec la culture européenne", a-t-il conclu.

Concurrence des GAFAM

"La fusion entre Worldline et Ingenico est défensive."
Jonathan Simnett
Hampleton Partners

Il s'agit là d'une vision ambitieuse pour le nouveau géant européen du paiement, car la concurrence sera rude. En plus des acteurs déjà bien établis dans le secteur, il devra faire face aux géants de la tech capitalisés aux alentours des 1.000 milliards de dollars. Apple, Google ou encore Amazon ont tous développé leurs propres solutions sur un marché qui offre d'alléchantes perspectives. Selon une étude de McKinsey, le marché du paiement représentera des revenus de 2.700 milliards de dollars en 2023.

Selon Jonathan Simnett, directeur du cabinet de conseil Hampleton Partners, la fusion entre Worldine et Ingenico est "défensive". "Ils demeureront sous pression, étant donné que les habitudes d'achat évoluent et que de plus en plus de transactions sont opérées en ligne. Ils devront être très réactifs pour rester pertinents."

Cela pourrait passer par l'acquisition de fintechs, mais également via une plus grande consolidation encore du secteur.

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