12.000 emplois à la trappe chez Bayer après le rachat de Monsanto

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Le groupe chimique allemand, qui a officiellement intégré en 2018 Monsanto dans son giron, se lance dans un vaste programme de réduction des coûts. Cela passe par la suppression d'environ 12.000 postes sur un peu plus de 118.000 emplois. Bayer étudie également la cession d'une série d'actifs jugés non stratégiques.

63 milliards de dollars ou 54 milliards d'euros. Tel est le montant que Bayer a dû mettre sur la table pour finaliser son mariage avec Monsanto. Pour se conformer aux avis des régulateurs, la reprise du géant américain de la chimie s'est accompagnée par la cession de nombreux actifs. BASF, le rival et compatriote de Bayer, a ainsi déboursé 7,6 milliards d'euros pour mettre la main sur certains actifs du leader mondial de la chimie. 

Mais, ces premières cessions ne suffisent visiblement pas pour un groupe qui mise à moyen terme sur le rôle croissant de la chimie dans l'alimentation. Le conseil de surveillance de Bayer veut donc à présent à se délester de certaines marques dans la santé grand public, comme Dr. Scholl (soins des pieds) ou les crèmes solaires Coppertone. Le groupe examine aussi les options possibles pour sa plus petite division, à savoir celle dédiée à la santé animale

12.000 emplois vont disparaître d'ici 2021

Ce virage se traduit donc par une sérieuse revue des effectifs. Sur les 118.200 emplois que compte l'entreprise à travers le monde, 12.000 postes seront supprimés d'ici 2021. Cela revient grosso modo à 10% des effectifs du groupe fusionné. Près de la moitié de ces postes concerneront les services administratifs, tandis que 4.100 emplois seront supprimés dans la division agrochimique, 1.250 dans la pharmacie et 1.100 dans les médicaments sans ordonnance. 

L'Allemagne paiera le plus lourd tribut en termes de suppressions de jobs. Le conglomérat, notamment à l'origine de l'aspirine, est très présent sur le sol belge avec un millier de travailleurs répartis sur quatre sites. Une porte-parole de la filiale belge précisait à l'agence Belga qu'il était encore trop tôt pour dire si l'annonce de la maison-mère allait avoir des répercussions sur les effectifs belges. 

Cette cure d'amincissement devrait en tout cas permettre aux Allemands d'atteindre l'objectif des 2,6 milliards d'euros de synergies par an avec Monsanto et cela jusqu'en 2022. C'est presque deux fois plus que ce qui avait été initialement estimé.  

A la Bourse de Francfort, l'action Bayer  reculait d'un peu plus de 2% dès l'annonce de ces différents mouvements, effaçant d'un coup les gains engrangés depuis le début de la séance. Les actionnaires attendent le management du groupe fusionné au tournant, avec notamment un 'Investor Day' programmé mercredi prochain. Bayer apporte avec son plan de restructuration un début de solution.

Mais les investisseurs voudront en savoir plus, notamment sur les démêlées judiciaires du groupe. Cet été, la valeur en Bourse de Bayer avait fondu de plus de 30 milliards d'euros depuis le mois d'août. Cette déconvenue sur les marchés a commencé à la suite d'un jugement rendu en Californie et qui avait donné raison à un jardinier estimant que les produits de Monsanto avaient entraîné son cancer. La multinationale avait sciemment caché leur dangerosité. A l'heure actuelle, au moins 9.000 procédures similaires contre Monsanto sont en cours aux Etats-Unis. 

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