Avec L'Oréal Belgilux, une troisième restructuration en trois jours

L'Oréal, dont on voit ici les installations à Libramont, va réunir les sièges de ses opérations dans le Benelux en un nouveau siège unique, établi près d'Amsterdam aux Pays-Bas. ©BELGA

Troisième plan de restructuration en trois jours dans l'industrie en Belgique: cette fois, c'est le groupe de produits de beauté L'Oréal qui s'y met.

Après Solvay et AGC, c'est au tour du groupe de produits de beauté français L'Oréal d'annoncer une restructuration en Belgique. La réorganisation touchera a priori 125 emplois chez L'Oréal Belgilux. Une procédure Renault (licenciements collectifs) a été lancée ce jeudi. La mesure concerne les activités de marketing, commerce et logistique du groupe en Belgique, pas l'usine de Libramont qui produit pour l'ensemble de l'Europe. Les premières occupent actuellement 486 personnes, la deuxième quelque 320 personnes.

Quelque 100 postes de travail basés outre-Moerdijk seront proposés aux collaborateurs touchés en Belgique.

Évoquant "un contexte de marché en évolution rapide", le groupe va réunir les sièges de L'Oréal Belgilux et L'Oréal Nederland en un nouveau siège unique, établi près d'Amsterdam aux Pays-Bas. "Chacun des pays continuerait à disposer de ses propres équipes proches du terrain", précise-t-il dans un communiqué.

L'e-commerce à l'origine de la décision

La réorganisation aura un impact sur 125 emplois en Belgique "en tenant compte des mouvements internes". Ce nombre pourrait être atténué via les Pays-Bas: quelque 100 postes de travail basés outre-Moerdijk seront proposés aux collaborateurs touchés en Belgique.

L'Oréal Belgilux s'engage par ailleurs "à mettre tout en œuvre pour maximiser les possibilités de reclassement et pour accompagner ses collaborateurs durant cette période de transition".

Il y a trois causes qui ont poussé le groupe à passer à l'action, explique Jean-Charles Bondy, le CEO de L'Oréal Belgilux et L'Oréal Nederland - qui pilotera désormais le nouvel ensemble au départ du siège néerlandais. "Les consommateurs achètent de plus en plus en-ligne. Le commerce en-ligne est de plus en plus important pour nous. Ce sont des tendances de fond enregistrées sur les cinq dernières années. Et nos clients business considèrent de plus en plus la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg comme formant leur marché domestique unique, ils appellent dès lors de leurs voeux une simplification dans notre manière de travailler."

"Nos clients business considèrent de plus en plus la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg comme formant leur marché domestique unique; ils appellent dès lors de leurs vœux une simplification dans notre manière de travailler."
Jean-Charles Bondy
CEO L'Oréal Belgilux et L'Oréal Nederland

Dans ce contexte, L'Oréal n'aurait-il pu choisir Bruxelles plutôt qu'Amsterdam comme siège central? "L'écosystème néerlandais a un peu d'avance sur le belge dans la transition digitale", répond le CEO. "Et nous comptons davantage de grands clients business aux Pays-Bas qu'en Belgique. Songez notamment aux plateformes d'e-commerce comme bol.com."

"Réduire l'impact social au minimum"

Mais Jean-Charles Bondy l'affirme, l'offre des cent jobs aux Pays-Bas faite aux Belges est sincère "car on veut construire la nouvelle organisation avec eux et on veut bénéficier de cette diversité au nouveau siège". Le groupe entend d'ailleurs leur proposer des aides pour les accompagner dans leur déménagement. De sorte que les 125 suppressions d'emploi pourraient finalement se réduire idéalement à 25? "Absolument, dit le CEO, et même à encore moins. Ces chiffres peuvent évoluer. On va aussi reclasser des collaborateurs dans d'autres positions."

Reste qu'en trois jours de temps, trois grands groupes industriels auront dévoilé des plans de restructuration en Belgique, après un calme relatif en ce domaine durant la fin 2020. "C'est un hasard complet, réagit Jean-Charles Bondy. On annonce pareil projet quand il est prêt." Indépendamment de ce que font et annoncent les autres entreprises donc, et pas en profitant de "l'aubaine" pour réduire l'impact de la restructuration dans l'opinion. "On s'efforce de faire les choses du mieux qu'on peut dans l'intérêt de notre business et de nos collaborateurs, poursuit-il. On va réduire l'impact social au minimum."

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