Après l'automobile, Recticel pourrait vendre une autre division

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Selon une analyste de Degroof Petercam, Recticel pourrait vendre, à moyen terme, ses activités de literie, ce qui lui permettrait de se focaliser sur son pôle isolation et d'y investir davantage.

Maintenant que la poussière est retombée après l’agitation provoquée par les deux offres de rachat proposées par Kingspan , et refusées, à quoi va ressembler l’avenir de Recticel dans les mois et années à venir?

En attendant que Kingspan ne tente encore une fois sa chance -qui sait ?-, le groupe spécialisé dans les mousses de polyuréthane va poursuivre le processus de cession de ses activités automobiles. Une première étape a été franchie, fin 2018, pour le pôle concernant les sièges de voiture et les appuis-tête. Le processus continue pour celui comprenant des revêtements sur mesure pour l’habitacle.

Vente de l'automobile

Etant donné les inquiétudes à court terme touchant le secteur automobile, Nathalie Debruyne de Degroof Petercam estime entre 60 et 100 millions d’euros le montant qui pourra être tiré de ces deux ventes, contre 130 millions avant et une valeur comptable de 140 millions. "Si Recticel réussit à annoncer une issue positive pour cette vente et atteint sa valeur comptable, nous pourrions relever notre objectif de cours d’un euro" précise l’analyste.

Alors que le rachat de tout ou d'une partie de Recticel semble dans l’impasse, elle a réduit son "target" à 10,8 euros contre 12,5 euros avant. Son conseil reste à "acheter". En cas d’échec, cette troisième tentative de vente pèsera négativement sur le sentiment des investisseurs, prédit-elle. "Le succès de cette cession est un élément clé pour le soutien à court et moyen terme de l‘action."

L'isolation en forme

Pendant ce temps, les activités liées à l’isolation bénéficient actuellement d’un environnement porteur grâce à la baisse du prix des matière premières. Le polyuréthane redevient compétitif et a affiché une solide reprise des volumes au second semestre 2018, souligne l’analyste.

Le groupe a étendu son empreinte dans le nord de l’Europe avec une nouvelle usine en Finlande qui tournera à plein régime en 2020. "En investissant encore à travers des acquisitions ou la construction de nouvelles usines, Recticel pourrait presque doubler l’Ebitda de l’isolation. L’endettement passerait d'une fois l’Ebitda aujourd’hui à 2-2,5 fois." Le marché européen de l’isolation devrait croître en moyenne à un taux annuel de 2,8% à l’horizon 2019, avec comme base de référence 2015.

Sortir du lit

Nathalie Debruyne voit plus loin. La division "literie", qui constitue actuellement le point faible du groupe en raison de la baisse des volumes, pourrait être le prochain candidat au départ. Pas tout de suite. Mais dans les cinq ans à venir. Et avec elle, les mousses de confort qui y sont étroitement liées. D’après ses calculs, la valeur d’entreprise de ces deux entités pourrait tourner autour de 200 à 230 millions d’euros.

"Cette opération rendrait le profil du groupe beaucoup plus attractif. Il serait focalisé sur le marché clé en croissance de l’isolation et sur le segment des mousses techniques qui est très peu dépendant de l’évolution des matières premières" conclut l'analyste.

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