reportage

En chine, John Cockerill joue à fond la carte de l'électricité verte

L'inauguration du site de Cockerill Jingli Hydrogen s'est faite en présence du ministre wallon de l’Economie, Willy Borsus.

La mission économique belge en Chine s'est terminée avec l'inauguration, par John Cockerill, d'un centre de fabrication d'électrolyseurs dans la région de Shanghai. La filiale chinoise de la société liégeoise se revendique numéro un mondial de la fabrication d’équipements d’électrolyse à partir d’électricité verte.

Le rideau est tombé vendredi sur la mission économique belge en Chine, qui s’est terminée avec l’inauguration, par une filiale de John Cockerill, d’un centre de production d’équipements pour hydrogène à Suzhou, près de Shanghai.

Ce site est appelé à devenir le centre de production du groupe belge pour la fabrication d’électrolyseurs, des éléments majeurs dans l’élaboration d’hydrogène verte.

Tout le monde peut faire de l’hydrogène, mais seul ce type d’installation (...) constitue une réponse adéquate au développement de filières de production d’hydrogène décarboné de grande capacité.
Luc Maurange
CEO de John Cockerill

Le groupe de maintenance et d’ingénierie wallonne a décidé de se diversifier dans la fabrication d’hydrogène produit à partir d’énergies renouvelables. Après avoir développé à Seraing la plus grande station-pilote de stockage en Europe, le groupe s’est impliqué dans un projet de station de production et de distribution d'hydrogène à Liège Airport. Cette station servirait à la fourniture d’hydrogène d'une navette qui relierait l'aéroport à la gare des Guillemins, et une autre qui assurerait le transport des travailleurs sur le site.

Produire de l'hydrogène à un coût compétitif

En Chine, John Cockerill s’est associé à un acteur majeur dans les générateurs d’hydrogène par électrolyse de l’eau, Suzhou Jingli Hydrogen Production Equipment. Les deux partenaires ont créé une filiale, baptisée Cockerill Jingli Hydrogen, dont John Cockerill détient 56% du capital.

350
MW
Le nouveau site chinois permettra, dans un premier temps, une capacité annuelle de production d’électrolyseurs de 350 MW.

Le site de cette filiale inauguré vendredi, en présence notamment du ministre wallon de l’Économie Willy Borsus, permettra, dans un premier temps, une capacité annuelle de production d’électrolyseurs pour 350 MW, ainsi que l’intégration de procédés de fabrication encore plus performants à l’avenir.

John Cockerill est une des plus anciennes sociétés industrielles au monde. Mais une longue histoire n’empêche pas d’avoir une vision d’avenir.
Willy Borsus
Ministre wallon de l'Économie

"Notre objectif est en effet de multiplier par quatre en deux ans la performance de nos catalyseurs actuels. C’est un véritable challenge", a expliqué le patron de John Cockerill, Jean-Luc Maurange. "Tout le monde peut faire de l’hydrogène, mais seul ce type d’installation, qui permet de produire de l’hydrogène à un coût compétitif, constitue une réponse adéquate au développement de filières de production d’hydrogène décarboné de grande capacité", a encore ajouté le CEO, qui précise que son groupe "n’a cependant pas vocation à devenir exploitant de ce genre d’installations".

Fournisseur des JO de Pékin

Cockerill Jingli Hydrogen a déjà deux sites en Chine. La filiale a surtout été choisie pour apporter le support technique et de fabrication nécessaires à la réalisation d’une unité de production qui sera utilisée aux Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022. Ce site devra alimenter quelque 45 stations de remplissage pour les bus qui circuleront lors de ces JO.

Trois autres joint-ventures en Chine

Plusieurs autres contrats ont déjà été signés depuis le début de l’année par la filiale, mais pour des électrolyseurs de plus petite taille. Selon Jean-Luc Maurange, le carnet de commandes représente l’équivalent d’une capacité de production de 30MW, "ce qui fait de John Cockerill le numéro un mondial dans le domaine de l’électrolyse".

Mais c’est surtout en Chine que les projets sont les plus nombreux, ce qui explique la décision de l’ex-CMI de s’implanter là-bas. "John Cockerill est une des plus anciennes sociétés industrielles au monde. Mais une longue histoire n’empêche pas d’avoir une vision d’avenir", a commenté de son côté Willy Borsus lors de la cérémonie d’inauguration. John Cockerill a, par ailleurs, trois autres joint-ventures en Chine:

→ deux dans le domaine des équipements sidérurgiques;
→ une dans les traitements de surface, principalement dans le secteur aéronautique.

L'hydrogène, une voie d'avenir dans différents secteurs

L’hydrogène produit à partir d’électricité renouvelable constitue une voie d’avenir pour les énergies vertes. Il permet de stocker leur surproduction sous forme de gaz, apportant ainsi une solution à leur intermittence. Par ailleurs, la combustion de l’hydrogène ne dégageant que de l’eau, son utilisation permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

L’hydrogène vert trouve des applications potentielles dans les transports, le chauffage, mais aussi dans l’industrie avec, par exemple, l’injection d’hydrogène dans les réseaux de gaz ou son utilisation par certains procédés dans l’agroalimentaire ou le secteur verrier.

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