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La scoumoune de Recticel

©Dieter Telemans

Après un incendie en début d'année et une pénurie de matières premières au printemps, Recticel est, cette fois, la victime de BASF qui lui a livré des produits contaminés.

"La Scoumoune" c’est le titre d’un film policier de José Giovanni avec Bebel sorti en 1972. C’est aussi un synonyme de poisse, de malchance.

En Bourse, la société Recticel sait ce que c’est que la scoumoune. Mardi soir, après la clôture des marchés, ce groupe industriel spécialisé dans les mousses de remplissage et les produits pour habitacles automobiles faisait état d’un nouveau "couac" dans sa production. Le troisième en un an.  Et, encore une fois, en raison de facteurs extérieurs.

Aujourd’hui, le coupable s’appelle BASF . Le géant chimique allemand a en effet livré, pendant un bon mois, un composant non conforme (du isocyanate de toluène -du " TDI " pour les intimes- contaminé) à cinq sites du groupe qui produisent des mousses flexibles en polyuréthane pour l’industrie. D’autres clients de BASF sont aussi concernés.

De son côté, Recticel a décidé d’un arrêt temporaire de la production et de la livraison "afin de limiter dans la mesure du possible tout impact négatif éventuel sur la qualité et la sécurité des employés, des clients ou des consommateurs". Le groupe estime que les conséquences de ce problème de qualité devraient être résolues rapidement.

Wim Hoste, analyste chez KBC Securities juge que c’est BASF qui sera responsable pour l’impact financier que cela pourrait causer à Recticel bien que cela ne soit pas totalement certain. Il maintient son avis à "acheter" avec un objectif de cours de 8 euros. Le titre perdait 2,3% en matinée à 7,75 euros.

Incendie et pénurie

La première tuile rencontrée, cette année, par Recticel remonte au mois de janvier. Un grave incendie s’était déclaré dans un des halls de production de son usine d’habillage d’intérieurs automobiles à Most en République tchèque.

Quelques mois plus tard, c’est sa division "isolation" qui était victime d'une pénurie des matières premières et d'une envolée de leur prix dans l’industrie du polyuréthane entraînant une réduction de son volume de production d’environ 15%.

Malgré ces deux premiers déboires, lors de la publication de ses résultats semestriels, fin août, Recticel a maintenu ses prévisions pour l’ensemble de l’année 2017 à savoir une croissance continue de ses ventes combinées et une hausse de son rebitda.

Bond de 20% en trois mois

La semaine dernière, une analyste de Degroof Petercam disait encore tout le bien qu’elle pensait de la valeur et relevait son objectif de cours à 9,4 euros contre 8 euros avant tout en maintenant sa recommandation à "acheter". Elle pointait notamment la lourde décote avec laquelle se traite l’action par rapport à ses pairs.

Sur les trois derniers mois, le titre s’est, malgré tout, refait une santé sur Euronext Bruxelles avec un bond de plus de 20%! Une belle résilience.

Et aujourd’hui, voilà BASF qui livre des produits non conformes. La poisse, qu’on vous disait…

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