analyse

Le fonds de solidarité de Solvay a sécurisé 15 millions d'euros

Ilham Kadri, CEO de Solvay, se félicite de la solidarité impulsée dans l'entreprise. ©Brecht Van Maele

En marge de ses résultats trimestriels, la CEO de Solvay Ilhma Kadri,a longuement évoqué la manière dont le géant de la chimie vivait la crise et comment il compte en sortir

On le lira par ailleurs, les résultats trimestriels de Solvay sont supérieurs aux attentes. Et ils sont les bienvenus alors que le groupe chimique est entré dans une zone de haute turbulence car sa CEO, Ilham Kadri l’a répété: "Le deuxième trimestre sera nettement inférieur", avant d’ajouter que la diversité de son portfolio permet de soutenir les business en difficultés.

Le groupe a diminué ses coûts et amélioré son ebitda. Il possède aujourd’hui une trésorerie de 4 milliards d’euros et a généré 202 millions de cash lors du premier trimestre: "Le cash est roi!", a indiqué sa patronne lors d’une conférence téléphonique au cours de laquelle elle a évoqué la manière dont le groupe gérait cette crise et comment il s’apprêtait à en sortir, même si aucune guidance financière n’a été donnée.

Équipe de crise

Dès le début, Solvay a mis en place une équipe ad hoc, supervisée par la CEO et encadrée par 14 médecins, qui se réunit tous les jours, afin de gérer la crise, de définir une stratégie de post-confinement et de préparer l’après-coronavirus. Le tout se définit autour de cinq axes de travail: sécurité et santé (1), gestion de la trésorerie (2), RH (3), activités (4) et clients (5), à charge pour les responsables de pays d’exécuter les décisions.

"Nous avons tiré les leçons de l’expérience de nos collègues en Chine et en Corée du Sud."
Ilham Kadri
CEO de Solvay

La plupart des usines ont continué à fonctionner et toutes les mesures de sécurité et d’hygiène nécessaires ont été prises sur les sites industriels et dans les laboratoires. Les voyages d’affaires ont été interdits sauf nécessité absolue et 10.000 des 24.200 collaborateurs sont en télétravail. Si bien que seules 8 personnes sont aujourd’hui affectées par la maladie (contre 15 au plus fort de la pandémie) et 182 sont en quarantaine (pour un maximum de 369). "Nous avons tiré les leçons de l’expérience de nos collègues en Chine et en Corée du Sud", relève Ilham Kadri. "Ils ont expliqué à nos équipes les meilleures pratiques pour assurer la sécurité et la santé des employés et maintenir la continuité des activités, cela a été salutaire." Les salariés en chômage temporaire sont quant à eux assurés de toucher 70% de leur rémunération pendant trois mois.

Pour la phase de déconfinement, là encore l’expérience des collègues chinois et sud-coréens occupés à reprendre le chemin du travail est scrutée attentivement. Mais le télétravail reste la règle partout où c’est possible. Les mesures de sécurité perdurent et les voyages d’affaires restent bannis sauf urgence.

Quant à l’après-corona, Ilham Kadri estime que seul le temps dira quelle sera la nouvelle norme de travail chez Solvay. "Mais ce qui est sûr, c’est que l’on aura une approche plus numérique du business. Le télétravail a explosé, cela nous a permis d’être plus globaux, d’être davantage connectés." Selon elle, rencontrer les clients virtuellement s’est avéré une expérience positive.

Solidarité

Mais ce qui réjouit le plus la CEO, c’est la solidarité dont l’entreprise a fait preuve, fruit de la diversité de ses activités. D’abord vis-à-vis de la collectivité avec la production, à titre gracieux, de désinfectants (700.000 litres), masques (350.000), équipements de protection (114.000), matériaux pour écrans faciaux (6.700), etc. "Nous avons adapté nos installations à Bruxelles pour fournir à 200 hôpitaux 1,875 million de bouteilles de désinfectants pour les mains", ajoute-t-elle.

1,875 million
de bouteilles de désinfectants
Solvay a adapté ses installations à Bruxelles pour fournir à 200 hôpitaux 1,875 million de bouteilles de désinfectants pour les mains.

Et puis, il y a ce fonds de solidarité pour venir en aide aux collaborateurs du groupe affectés par la crise, initié par Ilham Kadri. Pour rappel, le top 30 des dirigeants s’est engagé à diminuer son salaire de 15%, les actionnaires à renoncer à un tiers de leur dividende et les salariés à contribuer également (notamment via le don de jours de congé). Le groupe lui-même versera une somme équivalente aux contributions de salariés. À ce jour 15 millions d’euros ont été récoltés. Mais la CEO ne se fixe pas de limite et appelle une fois encore les autres entreprises à s’inscrire dans ce qu’elle appelle une démarche de "capitalisme responsable."

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