Les enzymes de OneLife à la conquête des hôpitaux

©Kristof Vadino

OneLife, la filiale de Realco spécialisée dans le secteur biomédical, vient de recruter Sébastien Goenen, un directeur d’IBM Watson Life Sciences. Il remplacera le président Gordon Blackman.

Un nouveau CEO pour OneLife, la filiale biomédicale du spécialiste de l’hygiène enzymatique Realco. La jeune entreprise de Louvain-la-Neuve, créée en 2015 afin d’amener les compétences spécifiques au secteur médical, vient de recruter Sébastien Goenen, un directeur de chez IBM Watson. Cet ingénieur commercial de 46 ans spécialisé dans le secteur médical succédera à Gordon Blackman, qui avait pris temporairement la relève de Jean-Michel Vanderhofstadt après le départ anticipé de ce dernier.

Située sur le même site que sa maison mère, OneLife fournit des solutions novatrices pour la décontamination des dispositifs médicaux et de l’environnement hospitalier basées sur des cocktails d’enzymes biodégradables. Elle a procédé il y a un an à une augmentation de capital de 2,3 millions d’euros grâce à un coup de pouce de 500.000 euros de Realco et à un nouvel apport des actionnaires privés historiques, parmi lesquels Jean-Pierre Delwart.

OneLife estime pouvoir faire la différence dans la lutte contre les maladies nosocomiales grâce à l’expérience acquise par Realco depuis 20 ans dans les traitements des biofilms. Les formulations enzymatiques de la société néo-louvaniste, issues de protéines naturelles non-vivantes, désintégrent ce fameux biofilm, une matrice organique qui protège les accumulations de bactéries et leur permet de résister aux solutions classiques de nettoyage.

OneLife, de son côté, a développé des produits similaires mais spécifiquement adaptés aux exigences à des applications médicales à hauts risques comme le nettoyage des endoscopes ou la stérilisation des dispositifs médicaux.

Les infections nosocomiales constituent un problème majeur de santé publique: jusqu’à 7% des patients hospitalisés en Belgique ont souffert d’une infection liée aux soins pendant ou après leur hospitalisation. Au niveau européen, ce sont plus de 4 millions de patients contaminés par an et 40.000 décès.

Un comité scientifique

Pour réussir sa percée dans un milieu considéré comme plutôt conservateur, la société a créé un comité scientifique avec quelques spécialistes renommés: les docteurs Michel Delmée (UCL/St Luc), Michel Goldman (ULB) et Guy Heynen (conseiller scientifique chez Bone Therapeutics). "L’activité médicale est devenue de plus en plus invasive, explique Michel Delmée, professeur de microbiologie à l’UCL. L’endoscopie s’est considérablement développée. Le nettoyage et la stérilisation sont extrêmement problématiques. Depuis quelques années, les spécialistes de l’endoscopie nous disent qu’il y a une augmentation des contaminations."

OneLife a mis au point deux types de solutions: des produits et des méthodes permettant la visualisation du biofilm et surtout, une gamme de produits nettoyants naturels à base d’enzymes. "L’efficacité supérieure de ces produits pour la décontamination des endoscopes a été démontrée et les résultats ont été publiés", assure Gordon Blackman. Outre les endoscopes, les produits de la spin-out trouvent aussi des applications dans la décontamination des instruments chirurgicaux, ceux de médecine dentaire ou vétérinaire. De nouvelles études avalisent également leur potentiel dans le nettoyage de l’environnement (salles d’opération…).

En théorie, il est aussi possible d’imaginer une utilisation pour lutter contre les infections liées aux prothèses orthopédiques. "Mais là, il s’agit de produits que l’on devra injecter au patient. On rentre dans le domaine du pharmaceutique. Ce sont d’autres budgets. Nous n’y sommes pas encore. Mais la recherche est lancée", précise Gordon Blackman.

OneLife, qui a réalisé 200.000 euros de chiffres d’affaires l’année passée et espère arriver à un peu moins de 350.000 cette année, n’en est encore qu’au début de son histoire. Avec une technologie de rupture qui a fait ses preuves, il lui est permis d’espérer une croissance exponentielle. "On se développe, conclut Gordon Blackman. Une étude comparative va débuter avec l’hôpital universitaire de Gand et trois autres établissements de son réseau. On commence à exporter vers la France, l’Allemagne, la Chine, le Portugal, où on travaille avec des partenaires… Il y a une reconnaissance de nos solutions."

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