Les enzymes de Realco se font une place sur le marché de l'hygiène

©Dominic Verhulst / Dotch.be

Realco va atteindre les 12 millions d’euros de chiffre d’affaires fin décembre. L’entreprise wallonne spécialisée dans les enzymes de nettoyage veut doubler ses ventes d’ici 2024 et va poursuivre le développement de sa gamme de produits domestiques.

Bonne nouvelle pour la Wallonie et plus particulièrement la Province du Brabant: après des années de croissance modeste, Realco, l’entreprise de Louvain-la-Neuve spécialisée dans les enzymes de nettoyage, est en train de passer à la vitesse supérieure.

La société prévoit en effet de doubler son chiffre d’affaires d’ici 2024, a indiqué jeudi l’administrateur-délégué, George Blackman. "On veut une croissance plus importante que celle des trois dernières années, qui était déjà de 10 à 12%", a-t-il annoncé. "L’objectif de notre plan à cinq ans est d’arriver à une croissance de 15% par an et à 24 millions de chiffre d’affaires en 2024, contre 12 millions d’euros attendus à la fin décembre. Tout cela en maîtrisant notre empreinte carbone. On a optimisé tant nos ressources humaines que financières pour se focaliser sur nos secteurs les plus porteurs. Cela a donné des résultats plus rapides que prévu. On préférait initialement travailler plus sur la rentabilité que la croissance. Finalement, on a les deux. On est au-dessus de nos prévisions", selon le CEO, qui précise que l’entreprise présentait un résultat après impôt de 720.000 euros début septembre, contre 220.000 pour la même période de l’année précédente.

100% biodégradable

Rachetée en 1991 par Gordon Blackman, le père de l’actuel CEO, Realco a développé depuis des années un ensemble de produits à base d’enzymes, inoffensifs sur le plan environnemental. Ceux-ci permettent de désintégrer le biofilm, une matrice organique qui protège les accumulations de bactéries et leur permet de résister aux solutions classiques de nettoyage et de désinfection. Les protéines naturelles non-vivantes utilisées sont 100% biodégradables et constituent une solution non agressive pour les utilisateurs mais également plus efficace que la chimie traditionnelle.

24 millions €
L’objectif du plan à cinq ans de Realco est d’arriver à une croissance de 15% par an et à 24 millions de chiffre d’affaires en 2024.

Ces solutions ont été proposées à l’industrie agro-alimentaire, ainsi que dans la restauration collective et commerciale. Ces secteurs, confrontés régulièrement à des problèmes de contaminations (salmonelle, listeria…), constituent le gros du chiffre d’affaires de Realco. "Ce qu’on appelle le food and beverage enregistre une croissance de 29%. C’est un marché en plein devenir, poursuit George Blackman. Il est porté par nos solutions contre le biofilm qui ont de plus en plus de succès à l’international. Nous sommes une partie de la solution aux résistances bactériennes, puisque cette résistance est notamment causée par la création de ces biofilms."

Début 2018, Realco a par ailleurs lancé Eezym, une gamme de détergents pour le grand public basés eux aussi sur les enzymes. Un pari audacieux, mais en passe de réussir: les ventes affichent une croissance de 58% et une première percée a été effectuée sur un marché remarqué, celui du Japon, via un partenaire local. Realco compte maintenant se lancer à l’assaut d’autres pays, dont la France, l’Allemagne et la Chine. Ce dernier pays fera l’objet d’une attention particulière à l’occasion lors de la prochaine mission économique princière de novembre.

Obtention d’un écolabel

La gamme Eezym, qui comprend une quinzaine de produits destinés à l’usage quotidien, devrait par ailleurs bénéficier d’un prochain coup de pouce l’année prochaine, avec l’obtention d’un écolabel décerné par l’organisme de certification Ecocert. "Notre gamme Eezym répondait déjà au cahier des charges Ecocert. Mais il a fallu avoir l’écocertification de certains de nos fournisseurs, note encore George Blackman. Eezym sera éco-certifiée en janvier. Cela devrait encore augmenter nos ventes dans nos canaux de vente actuels, mais également nous donner un accès aux points de distribution bios, qui ne voulaient pas de nos produits tant qu’il n’y avait pas de label bio sur nos détergents."

Realco a également visé le secteur des soins de santé. La société néo-louvaniste a en effet créé pour ce segment difficile une spin-out, OneLife. Celle-ci semble bénéficier des mêmes courants ascendants que sa maison mère, avec des chiffres de ventes impressionnants (+ 87% sur les 8 premiers mois de 2019).

Recruter des commerciaux

Implantée dans le parc scientifique de la ville estudiantine, Realco emploie environ 55 personnes. Un chiffre appelé à grandir, selon George Blackman. "On aura besoin de plusieurs commerciaux pour alimenter la croissance. Mais on va engager modérément pour conserver la maitrise de nos coûts", souligne-t-il.

Si le succès à l’exportation se confirme, le CEO envisage l’ouverture de filiales à l’étranger, qui viendront s’ajouter à celle installée aux USA, dans l’Ohio (Realzyme). "Pour l’instant, nous sommes très forts dans l’agro-alimentaire. Il s’agit de solutions à haute valeur ajoutée. Ce sont des produits très concentrés et très chers. Cela n’a pas de sens de les produire à l’extérieur. Mais si on en vient à vendre la gamme Eezym dans d’autres pays, on pourra certainement considérer des centres de production à l’étranger. On ne veut pas exporter de l’eau. On devra probablement produire aux USA et en Asie pour être le plus proche possible de la consommation, mais toujours à partir de noyaux enzymatiques qui seront produits en Belgique", précise George Blackman.

Côté actionnariat, la majorité du capital de Realco est entre les mains de la famille Blackman. La Société régionale d’investissement de Wallonie (SRIW) est présente pour environ 25%, le reste étant sur le marché (Euronext Access). Une cotation en sommeil, admet George Blackman. "On se pose beaucoup de questions. Soit on va devoir l’arrêter, soit mieux l’utiliser. C’est une cotation qui a été réalisée il y a dix ans pour avoir des fonds. C’est très peu liquide. Il n’y a pas assez d’échanges. On réfléchit à d’autres options dans le cas où on aura besoin de fonds. Pour l’instant, on s’autofinance. Mais on a beaucoup de projets et peut-être que l’un ou l’autre de ces projets nécessitera une levée de fonds", conclut le CEO.

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