Solvay acquiert Cytec pour 5,5 milliards de dollars

Jean-Pierre Clamadieu, CEO de Solvay ©BELGA

Avec ce rachat, la firme chimique se propulse au deuxième rang mondial dans les matériaux composites pour l’aéronautique.

Le groupe chimique belge Solvay a annoncé mercredi l'acquisition de l'américain Cytec, un spécialiste des matériaux composites servant principalement le marché aéronautique.

"Cette opération représente une opportunité unique d'étendre notre offre de solutions et de matériaux à haute valeur ajoutée pour l'aéronautique et l'automobile, et de renforcer nos métiers de formulations avec une nouvelle activité dédiée à l'industrie minière", se félicite dans un communiqué le numéro un de Solvay, Jean-Pierre Clamadieu.

Le prix total de la transaction s’élève à 5,5 milliards de dollars (4,9 milliards d'euros) pour une valeur d’entreprise de 6,4 milliards de dollars, ce qui représente 14,7 fois l’EBITDA estimé pour 2015 ou 11,7 fois ce même EBITDA en tenant compte des synergies estimées. Le prix offert par action représente une prime de 28,9 % comparé au cours de clôture de Cytec le 28 juillet 2015 et une prime de 26,9 % comparé au cours moyen pondéré par les volumes de Cytec au cours des trois derniers mois. L’opération a été recommandée à l’unanimité par les conseils d’administration de Cytec et de Solvay.

Basé dans le New Jersey aux Etats-Unis, Cytec a réalisé un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars et une marge de REBITD de 20 % en 2014, et emploie 4 600 personnes dans le monde. Cytec a généré près de la moitié de son chiffre d’affaires en Amérique du Nord, près d’un tiers en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, le reste en Asie-Pacifique et en Amérique Latine.

100 millions d'euros de synergie par an

Cette transaction améliorera la croissance du REBITDA par la progression du chiffre d’affaires et celle des marges. Solvay prévoit de générer plus de 100 millions d’euros de synergies par an presque entièrement réalisées dans les trois prochaines années, et pour l’essentiel au travers d’économies de coûts et de programmes d’excellence. D’importantes synergies de ventes croisées ont été identifiées avec Specialty Polymers, à la fois dans l’aéronautique et l’automobile, et avec Novecare dans le secteur du pétrole et gaz, dans l’agrochimie et l’électronique.

Les coûts non récurrents de mise en oeuvre de ces synergies s’élèvent à 75 millions d’euros. L’acquisition de Cytec sera relutive sur le bénéfice ajusté par action après la première année et sur le CFROI à moyen terme.

La réalisation de l’opération est intégralement garantie par un crédit bancaire. Solvay a l’intention de financer cette transaction avec une augmentation de capital de 1,5 milliard d’euros, 1 milliard d’euros d’obligations hybrides et d’autres emprunts obligataires. La structure du financement envisagée permettra à Solvay de maintenir sa flexibilité financière et la solidité de son bilan. Cela permettra au Groupe de poursuivre sa politique de croissance du dividende tout en préservant sa notation de crédit " investment grade ".

Solvay convoquera une assemblée générale extraordinaire de ses actionnaires en temps voulu pour approuver l’augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription. Le conseil d’administration de Solvac, principal actionnaire de Solvay, a confirmé à l’unanimité son soutien à cette opération et son intention de voter en faveur de l’augmentation de capital. Solvac exercera les droits qui lui seront attribués pour maintenir à 30 % sa participation dans le capital de Solvay.

Prévisions confirmées

Par ailleurs, Solvay publiait ses résultats trimestriels ce matin. Le groupe a clôturé le deuxième trimestre sur un bénéfice net de 143 millions d'euros contre une perte de 292 millions d'euros un an plus tôt.

Son chiffre d'affaires a augmenté de 4% sur base annuelle à 2,675 milliards d'euros, tiré principalement par des effets de change favorables de +9%, ce qui a profité à tous les segments d'activité.

Les volumes ont chuté de 4% globalement. La demande robuste chez Specialty Polymers, Special Chem et Aroma Performance n'a pas permis de compenser la baisse de l'activité dans les segments pétrole et gaz et acétate de cellulose.

Sur la même période, le REBITDA a, lui, progressé de 8% à 500 millions d'euros, principalement grâce à l'impact favorable des taux de change, tandis que la baisse des volumes a été en grande partie neutralisée par un bon pricing power. Les analystes tablaient sur une augmentation de 7% à 495 millions d'euros, selon un consensus.

Côté perspectives, Solvay reste confiant dans sa capacité à générer une croissance solide de son REBITDA en 2015, en dépit des incertitudes qui persistent sur différents marchés.

Les résultats trimestriels en long et en large, c'est ici. Et pour tout ce qui concerne la dernière acquisition de Solvay, cliquez ici.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés