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Anvers va héberger la plus grande malterie au monde

©doc

Le belge Boortmalt, qui concentre l’activité de maltage du groupe français Axéréal, annonce trois investissements, dont deux en Belgique. Il va agrandir l’usine d’Anvers, qui deviendra la première malterie au monde avec 470.000 tonnes de capacité. La métropole sera dotée d’un véritable centre de R&D. Boortmalt va faire ses premiers pas dans la production hors d’Europe, direction l’Éthiopie.

Anvers accueillait déjà la première malterie d’Europe en capacité avec le site industriel de la société Boortmalt, filiale belge du groupe coopératif céréalier français Axéréal, à même de produire 330.000 tonnes de malt par an. Dès juillet 2018, la métropole pourra s’enorgueillir d’héberger la première malterie au monde car Boortmalt va porter la capacité du site anversois à 470.000 tonnes. Cela lui permettra de dépasser l’usine Spirit Wood du géant américain Cargill, qui affiche 430 à 440.000 tonnes. De quoi pouvoir suivre l’augmentation de la production des brasseurs des pays émergents en Afrique, Asie et Amérique du Sud.

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Le malt d’orge est, pour rappel, le principal ingrédient dans la fabrication de la bière. Le malteur interrompt artificiellement la germination de la graine afin que celle-ci produise certains enzymes, première étape vers la transformation de l’amidon de l’orge en glucose, puis en alcool. Boortmalt produit également du malt à destination des distilleries (whisky…). Axéréal a implanté la direction et le siège de son activité "malt" à Anvers. C’est de là que sont pilotées les deux usines belges du groupe (Anvers et Gembloux), ainsi que les huit autres sites qu’il détient en Europe.

"Notre nouveau centre de R&D comptera une micromalterie, une microbrasserie et une micro-usine d’extraits de malt."
Yvan schaepman
ceo de boortmalt

Premiers pas dans un émergent

©Wiegandt

Boortmalt produit actuellement 1,1 million de tonnes de malt par an. Dans deux ans, sa capacité montera à 1,3 million t grâce à l’extension anversoise ainsi qu’à un autre investissement qu’il a annoncé hier: "Nous parions sur l’avenir depuis l’Europe, grâce à notre modèle de production pour l’exportation au départ d’Anvers, mais aussi désormais en nous implantant directement dans des pays émergents, explique le CEO Yvan Schaepman. Nous commençons par l’Éthiopie, où nous allons bâtir une malterie en partant d’un terrain vierge, qui aura une capacité de 60.000 t. Car c’est là que le marché de la bière est en forte croissance. Nous aurons le support de 80.000 agriculteurs locaux ainsi que du gouvernement éthiopien pour monter une filière locale qui vendra le malt aux grands brasseurs déjà sur place. Ce sera notre premier investissement hors d’Europe. À plus long terme, on regardera ailleurs aussi en Afrique de l’Est."

Troisième investissement: Boortmalt va mettre sur pied un centre de recherche et développement sur son site d’Anvers. "On y travaillera de manière plus professionnelle l’innovation grâce à trois nouveaux outils: une micromalterie, une microbrasserie et une micro-usine d’extraits de malt, poursuit Yvan Schaepman. Cela permettra de développer de nouveaux produits et de nouvelles recettes pour nos clients, ainsi que de tester les nouvelles récoltes. On invitera aussi nos clients à venir y essayer eux-mêmes de réaliser de nouveaux assemblages."

Un peu à l’image de ce que propose le groupe Barry Callebaut aux chocolatiers dans son centre de R&D de Wieze, près d’Alost…

100 millions d’investissements

Ces trois investissements coûteront une centaine de millions d’euros. Pas mal pour un groupe affichant 224 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’issue de son exercice 2015-2016. Ils s’accompagneront de la création d’une quinzaine d’emplois: dix pour le centre R&D et le solde pour l’extension industrielle.

Yvan Schaepman, le CEO de Boortmalt ©Wim Kempenaers (WKB)

Aujourd’hui, Boortmalt emploie quelque 140 personnes sur son site d’Anvers et une quinzaine à Gembloux, où il exploite une malterie de plus petite dimension. "Celle-ci s’occupe surtout des brasseurs belges, grands et petits, tandis qu’Anvers est dédiée aux marchés d’export", précise le CEO. Pas concernée par les nouveaux investissements, Gembloux n’est donc nullement menacée: "elle est complémentaire d’Anvers."

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